Haut, très haut dans le bonheur

     Il est vrai que j’aurais pu commencer ce texte par « Il était une fois ». Cette formule n’est-elle pas le cliché des histoires qui finissent bien ? Des fins heureuses où les personnages vivent dans le bonheur absolu ? Malheureusement, ici, nous ne sommes pas dans une de ces histoires.

 

     Tout le monde a déjà connu le bonheur : un joli dix-neuf sur vingt, le sourire de notre fils, des vacances sous un soleil éblouissant, une magnifique cérémonie où la femme de notre vie est vêtue d’une sublime robe blanche, la naissance de notre petit-enfant, l’obtention du permis… Pour ma part, j’ai goûté au bonheur, il y a peu…

 

     Je ne parle pas du petit bonheur qui est seulement de passage, invisible, qui est là sans même que nous nous en apercevions. Non, ici, je vous parle du bonheur, le grand, le vrai, celui qui nous fait monter tellement haut, qu’il est impossible de penser à autre chose. Il nous prend tout entier, nous enveloppe de cette lueur si agréable. Chaque parcelle de notre corps, âme, nous possède. Malgré tout, nous devinons la chute, elle est si logique : nous sommes montés tellement haut, qu’un jour ou l’autre, nous serons obligés de redescendre. Nous le savons, elle sera terrible, mais nous sommes tellement bien, ce bonheur est tellement confortable, que nous restons ainsi, sans prendre la peine de se protéger.

 

     Ce bonheur-là fait apparaître sur nos visage un sourire idiot qu’il scotche à nos lèvres, et ce sourire resplendissant s’étire jusqu’aux oreilles. Le pire, c’est qu’il est impossible à défaire, peu importe la situation, il reste, nous donnant un air bête mais heureux.

 

     Mais ce bonheur ne nous rend pas seulement stupides. Il est également une force : il nous motive à affronter une nouvelle journée, à franchir certains obstacles. Grâce à lui, nous nous levons le matin, des fois même avant que le réveil ne sonne. Nous sommes ravis de cette nouvelle journée, il peut bien pleuvoir, annoncer un rendez-vous catastrophique, ce n’est pas si important.

 

     Et le mieux, c’est que ce bonheur-là nous rend heureux d’être qui nous sommes : tous nos complexes : envolés, nos défauts transformés en qualités. Nous sommes qui nous sommes et nous en sommes fiers : nous nous sentons beaux, forts, intéressants, exceptionnels. N’est-il pas agréable de se regarder dans le miroir et de se trouver joli ?

 

     Tu sais, je me souviens parfaitement de ces journées de pluie sur ce banc, tout là-haut : plus rien ne comptait, ce n’était que rires et baisers. Et ces après-midi entiers, lovés toi et moi dans l’herbe, te rappelles-tu à quel point nous étions bien : juste nous, plus rien n’existait. Et cette séance de cinéma, où le film nous avait plus regardé que l’inverse ? Te souviens-tu de la fête de la musique ? Une soirée magique, intense ! Et ces nuits entières remplies de messages, oui, je me suis certaines fois endormie, j’avoue, mais cette fatigue le lendemain, je ne la regrettais jamais, bien au contraire, c’était une fatigue qui valait le coup ! Et ton regard, posé sur moi, je ne saurais le décrire : il était si intense et expressif. Il m’apportait gêne et en même temps, un sentiment de bien-être total : je me sentais belle, importante, intéressante, j’avais même l’impression d’être au-dessus de tout. Il y a eu également ces au revoir interminables : un dernier, encore et encore, comme pour ne jamais se quitter, comme pour ne jamais oublier ces baisers. Te souviens-tu du goût de mes lèvres ? Moi, j’en rêve encore…

 

     Souvent, on nous répète « Si tu veux être heureuse, lâche prise, arrête de toujours tout vouloir contrôler, détends-toi et profite de la vie ! ». Mais je n’ai jamais réussi : cet esprit maniaque, voir psychorigide, qui voulait toujours tout anticiper, tout maîtriser, c’était juste moi. J’aimais ça, c’était si rassurant, ça m’effrayait tellement moins d’agir ainsi. Et puis toi, tu es rentré dans ma vie, doucement, tu t’y es glissé et très vite, j’ai compris qu’ils avaient tort : nous ne devenons pas heureux en lâchant prise, mais nous lâchons prise en devenant heureux. C’était aussi simple. Avec toi, j’étais tellement bien que tous mes soucis me passaient au-dessus, ils devenaient si insignifiants et paraissaient tellement futiles. Je n’étais plus seule et tu m’apportais une dose de bonheur tellement importante que ça compensait chaque petit malheur.

 

     Alors merci, merci de m’avoir rendue heureuse, merci d’avoir été là. Et, merci d’avoir été mon grand bonheur, mon lâcher prise…

Commentaires
Ambr-

BOJOUR!

je tenais absolument à partager mon avis sur cette premiere page et c'est juste magnifique.C'est fabuleux et soyez certaine que j'attendrai avec impatience la suite.Je pense vraiment que vous devriez vous engagez dans l'ecriture et je voit dès maintenant une écrivaine talentueuse .J'ai beaucoup aimé le style et la fluidité du texte, on sent votre amour en écrivant ce paragraphe même si je pense qu'un autre mot au lieu de *scoché* serait plus appoprié et que c'est plutôt *mon lâche prise* au lieu de *mon lâcher prise*. La fin nous laisse pantelants *en tout cas moi Smiley heureux* et impatients à la fois ...Pour finir je voudrais vous dire de continuer ,vous êtes sur la bonne voie et merci d'avoir partager un peu de votre talent avec nous.

Au revoir jusqu'au prochain paragraphe.

P.S: Quel âge avez vous? *simple curiosité de ma part*

 

                                                                                                                                          N.A