Le jeu de go

Le jeu de go

Depuis mon adolescence, je ressent une fascination intense vis-à-vis du jeu de go. Pour ceux qui ne le connaisse pas, il s’agit d’un jeu de société créé en Chine il y a environ 25 siècles, puis qui s’est développé en Corée puis au Japon (ou il connaîtra son âge d’or au milieu du 16e siècle) au fil des migrations. La Japon largement en tête jusque dans les années 90, voit désormais sa domination dans ce jeu remis en cause par la Corée et la Chine.

 

Le go se joue à deux. Le principe est simple : chacun pose tour à tour des pierres (blanches pour l’un, noire pour l’autre) sur une des 361 intersections d’un grand plateau quadrillé pour dessiner des territoires. Le vainqueur est celui qui possède à la fin le plus grand nombre de points (un point pouvant être acquis par la taille des territoires conquis et par les captures réalisées).

 

Les raisons de mon affection pour le go sont multiples : tout d’abord, c’est un jeu de construction ; contrairement aux échecs, on ne vide pas le plateau, on le remplit. C’est aussi un jeu harmonieux et élégant, où la beauté des coups à son importance. Il ne s’agit pas non plus d’écraser son adversaire, mais d’arriver au meilleur compromis possible, même si la victoire ne se joue que d’un point (et c’est même là que la partie est la plus belle !). Il permet aussi, grâce à un système de handicap bien pensé, à des joueurs avec de grands écarts de niveau de jouer ensemble des parties à peu près équilibrées. Et plein d’autres raisons encore qu’il serait trop long d’énumérer.

 

Malheureusement, il possède également quelques petites contraintes : premièrement, même s’il est possible de jouer des parties éclair, la durée d’une manche est relativement longue (le temps de poser entre 250 et 300 pierres...) ; ensuite, le jeu demande, pour progresser, un réel investissement, ce qui difficile lorsque l’on a une famille exigeante, un travail prenant et une autre passion dévorante. Il m’arrive encore de temps à autre de regarder sur internet des parties de maîtres commentées, ou de relire avec nostalgie quelques passages de mes vieux manuels. Mais sauf accident, il est peu probable que l’avenir me permettre de m’y replonger comme il faudrait.

 

Tout ça pour revenir à nos moutons littéraires. Au delà du jeu lui même, le go a été longtemps ancré dans la culture japonaise, et c’est de ce côté que se trouvent les plus nombreuses références. Ici, je n’en retiendrait que deux : Le Maître ou le tournoi de go, par le Yasunari Kawabata (nobel en 1968), et Ikaru no Go, un manga de Takeshi Obata (qui a dessiné aussi Death Note) et Yumi Hotta, sortie début des années 2000. Deux ouvrages que j’ai apprécié à des époques et pour des raisons différentes, mais que je vous conseille vivement !

 

Pour ceux qui voudraient découvrir le je de go, de nombreux ouvrages ont été édité en français chez Chiron, et notamment Le Go pas à pas, par Fan Hui. Et pour les anglophones (ou japonophones), le catalogue Ishi press (pas trouvé sur cultura.com, désolé) est également particulièrement bien fourni. Sans compter les innombrables ressources également disponibles sur internet.

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