[INTERVIEW] Les Louves du polar : découvrez Céline de Roany
CharlotteV
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Les Louves vont hurler chez Cultura 🐺

 

Nous sommes en plein cœur du Mois du polar chez Cultura ! Nous avons cette année à cœur de mettre en lumière le collectif féminin Les Louves du Polar à travers une série d'interviews. Leur but de ce collectif ? Mettre en valeur le polar féminin souvent en manque de visibilité dans les rayons des librairies et des enseignes culturelles par rapport à leurs semblables masculins. Découvrez également le portrait d'Ophélie Cohen de Marlène Charine et de Johanna Gustawsson.

 

Céline de Roany fait partie des Louves du Polar. D'origine nantaise, l'écrivaine vit depuis huit années en Australie. Auteure d'une thèse de doctorat en droit international, Céline est passionnée de romans policiers. Elle a commencé par publier ses deux premiers livres en auto-édition avant de continuer son aventure littéraire avec les Presses de la cité.

 

@Philippe Matsas@Philippe Matsas

 

  • Pouvez-vous vous présenter en quelques lignes ?

J’ai 50 ans, je suis une femme, une mère, une amie, une lectrice et une auteure de polar. Je suis nouvellement arrivée sur la scène française puisque mon premier roman Les Beaux Mensonges, a paru à la fin 2021 aux Presses de la Cité.

 

  • Avec 12 écrivaines, vous vous êtes lancées dans l’aventure des Louves du polar en septembre dernier. Pouvez-vous nous raconter la naissance du collectif ?

Nous sommes parties de la constatation que les femmes auteures de polar étaient assez peu représentées sur les présentoirs des librairies, en salon, dans les nominations pour des prix ou pour les prix littéraires, mais également dans la presse.

 

Partant du principe qu’à plusieurs, on est plus fortes, nous avons décidé de nous rassembler pour développer la notoriété des auteures de polar et faire parler de nous, intéresser le public, les libraires et la presse à notre travail.

 

  • Que représente pour vous le collectif des Louves du polar ?

C’est d’abord une communauté. Il y a chez les Louves une idée de sororité. De grands noms du polar francophones font partie du collectif, aussi bien que des auteures beaucoup moins connues, les premières contribuant, par leur notoriété, à susciter de l’intérêt pour l’ensemble des auteures de polar.

 

C’est ensuite un mouvement proactif. La concrétisation du fameux « aide-toi, le ciel t’aidera ».

 

C’est enfin un espace de rencontre, de partage et de réflexion. Nous discutons beaucoup, nous échangeons et nous grandissons tout en apprenant à nous connaître mais aussi à respecter les spécificités de chacune. Sur le plan humain, c’est une belle aventure.

 

  • Vous vous êtes dans un premier temps lancée dans l’autoédition avant que les Presses de la cité ne vous remarquent. Quel conseil pouvez-vous donner à quelqu’un qui n’ose pas sauter le pas de l’autoédition ?

 

Essayer. Oser. On n’a rien à perdre, après tout. L’expérience de l’auto-édition m’a permis de prendre conscience de la diversité des métiers du livre, de la palette de connaissances et de compétences nécessaires pour faire naître un roman, au-delà de l’écriture. On parle peu des correctrices et correcteurs, par exemple, qui traquent le moindre mot, le moindre signe typographique – ce que les machines font très imparfaitement.

 

Ça force aussi à s’intéresser au marketing. Beaucoup d’auteurs sont désemparés aujourd’hui et pensent souvent qu’une maison d’édition s’occupera de tout. Ce n’est pas toujours vrai ; il faut aussi être capable de communiquer par soi-même. L’auto-édition vous pousse à développer aussi cette compétence-là, qui sera utile, même lorsqu’on est édité.

 

  • Présentez-nous votre roman Les beaux mensonges.

Les Beaux Mensonges s’intéresse à ces blessures qui ne se referment jamais tout à fait, les traumatismes qui changent le cours de votre vie et dont on se relève ou pas.

 

Le roman se focalise sur deux trajectoires : celle d’une enquêtrice, Céleste Ibar, marquée dans sa chair et dans son esprit par une violente agression et celle d’une grande bourgeoise, Anne Lamont, une femme aimée et généreuse, aussi lisse en apparence que Céleste semble rugueuse. Le corps de Anne a été retrouvé, il semblerait qu’elle se soit suicidée, une idée que son entourage, prêtre, notaire, gouvernante, homme à tout faire ou collaborateur, réfute.

 

L’enquête policière se déploie dans les beaux quartiers de la ville de Nantes et virevolte autour de personnages typiques des romans policiers, ancienne détenue, SDF, femme trompée, prêtre, notaire ou ancienne star du porno.

Ce roman reprend les codes du polar social puisqu’il dénonce des pratiques, des habitudes, des milieux, tout en s’en détachant : les thèmes sont contemporains et parlent à tout le monde.

 

Les beaux mensonges de Céline de Roany

 

38_9782258195820_1_75.jpgRésumé : Céleste Ibar a dû quitter Paris et la BRI, où elle a passé dix ans, après une agression d'une brutalité extrême. Encore meurtrie, portant sur son visage les stigmates de sa séquestration, elle tente de retrouver une vie sereine. A peine nommée capitaine de police à la PJ de Nantes, où elle ne se sent pas la bienvenue, on l'envoie constater le suicide d'une riche industrielle. Une affaire banale.

Mais l'enquête se révèle terriblement troublante. Qui se cachait derrière la si respectable Anne Arnotte ? Céleste va déterrer un à un des secrets profondément enfouis, de ceux qui continuent de hanter les vivants. Et découvrira la part très obscure d'un monde où les apparences règnent, où les apparences tuent.

 

Disponible en version numérique également 

 

  • L’action de vos romans policiers se déroule dans la région nantaise, de laquelle vous êtes originaire et vous vivez en Australie. Est-il possible que vous vous inspiriez de l’Australie pour vos prochains romans ?

C’est non seulement possible mais prévu, puisque j’ai déjà commencé à travailler sur un roman policier qui se déroulerait en Australie. J’ai préféré attendre de connaitre intimement le pays et en particulier ses problèmes sociaux, ses défis, qui ne sont pas du tout ceux que connaît la France pour être en mesure de lier une intrigue et un territoire.

 

Il est important pour moi d’écrire des romans qui s’inscrivent dans un contexte plus large, un roman qui raconte un territoire et la vie de ceux qui y évoluent, qui s’intéresse aux difficultés réelles des habitants.

 

  • Pour finir, avez-vous un récent coup de cœur à partager aux membres de la communauté CulturaLivres ?

J’ai très récemment découvert la plume de Benjamin Dierstein, et j’aimerai recommander La cour des mirages. C’est à mon sens un OVNI littéraire, un roman qui n’a rien à voir avec tout ce que j’ai lu précédemment. Il traite un sujet extrêmement difficile, qui est l’exploitation sexuelle des enfants, sans jamais basculer dans l’outrance ou le voyeurisme.

 

Dans un registre complètement différent bien qu’il s’agisse de polar, j’ai été happée par les romans de ma consoeur Agathe Portail (L'année du gel, Piqûres de rappel), qui propose un polar ancré dans la ruralité, abordant des thèmes originaux dans le polar et dont les personnages sont si attachants que j’espère les retrouver très bientôt dans une nouvelle enquête.

 

Connaissiez-vous le collectif des Louves du polar ? Avez-vous déjà lu un roman de Céline de Roany ? 

 

Et pour en savoir plus sur le collectif d'autrices Les Louves du polar, je vous invite à regarder la présentation de Cécile Cabanac :

 

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