[INTERVIEW] Serge Joncour présente Chaleur humaine
CharlotteV
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La rentrée littéraire est enfin lancée ! Pendant toute la durée de la rentrée littéraire, nous vous proposons de découvrir chaque semaine une interview exclusive pour CulturaLivres, découvrez également Les amants du Lutétia d'Emilie Frèche

 

Parmi les 466 livres à paraître, je vous propose cette fois-ci de découvrir Chaleur humaine de Serge Joncour. l'écrivain nous propose un huit-clos dont l'intrigue se situe 20 ans après son roman Nature humaine. Dans l'ambiance d'une société confinée par le COVID-19, une famille recomposée se retrouve réunie dans la ferme familiale dans le Lot. Un roman total qui raconte le confinement intense d’une famille rattrapée par le passé et les vieux démons de ses membres.

 

J'en profite d'ailleurs pour remercier nos deux ambassadrices @IsaPouteau et @spitfire89 qui ont lu le roman puis nous ont proposé des questions afin de réaliser cette interview !

 

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  • Bonjour Serge Joncour, nous sommes ravis de vous accueillir sur CulturaLivres. Pour commencer, pouvez-vous présenter votre roman pour les membres de la communauté qui ne l’ont pas (encore) lu ?

Janvier 2020, Alexandre vit seul à la ferme, isolée en pleine nature. Et alors que ses trois sœurs ont tourné le dos à la campagne depuis longtemps, et ne parlent plus à leur frère, voilà qu'au moment du confinement tout le monde va se retrouver dans ces décors de leur enfance, les sœurs aussi bien que les neveux, le beau-frère, et par-dessus tout trois chiots à la provenance étrange, trois petits animaux qui vont recréer du lien dans cette famille désunie. A partir de là, tout autour d'eux le monde s'arrête, du jour au lendemain la planète entière se fige, il n'y a plus d'avions dans le ciel, plus de passants dans les rues, les mers et les plages sont sans bateaux ni estivants, dans les villes les animaux reprennent leur droit, les canards sortent des bassins pour déambuler sur les trottoirs. Le monde se met sur pause alors qu'à la ferme des Bertanges au contraire, il n'y a jamais eu autant d'animation et de vie ! 

 

Chaleur humaine 

 

76_9782226478344_1_75.jpgRésumé : Ceci est un roman total. Entrelaçant l'histoire du monde et une histoire de famille, il embrasse notre présent et nos fautes passées. En quelques semaines, du début du mois de janvier 2020 à la fin du mois de mars, le quotidien d'une famille française va basculer en même temps que l'humanité. Fuyant le confinement urbain, Vanessa, Caroline et Agathe se réfugient aux Bertranges, une ferme du Lot entre les collines et la rivière, où leurs parents vivent toujours. Les trois soeurs y retrouvent Alexandre, ce frère si rassurant avec qui elles sont pourtant en froid depuis quinze ans, ainsi que des animaux qui vont resserrer les liens du clan. Tandis que, du dérèglement climatique aux règlements de compte, des épidémies aux amours retrouvées, la nature reprend ses droits, ces hommes et ces femmes vont vivre un huis clos d'une rare intensité.

 

L'avis de la communauté : 

"Serge Joncour confirme sa connaissance de la ruralité, et immortalise avec réalisme cette France profonde, cette vague verte, un climat et une nature qui devient folle. Une plume belle et poétique.@spitfire89 

Lire l'avis complet

 

  • Vous parlez dans Chaleur humaine d'une "nouvelle ère, porteuse de progrès et de paix, qui ne tiendra peut-être pas toutes ses promesses", êtes-vous pessimiste quant à l'avenir de notre modèle sociétal ?

On attendait beaucoup de l'an 2000, du 3ème millénaire, on rêvait d'un monde pacifié, harmonieux, et finalement des tas de nouvelles crises ne cessent de se révéler. Climat, épidémie, guerres, finalement tous ces vieux démons se réveillent et s'accumulent, plus encore qu'avant. L'histoire de l'humanité est faite de crises, de peurs, d'adaptations, de progrès, je crois toujours en un progrès, même si ce progrès on l'a vu récemment est parfois de revenir en arrière, que ce soit le vélo ou la trottinette, l'hygiaphone ou le récupérateur d'eau de pluie, des tas d'antiques trouvailles nous réapparaissent comme des solutions, comme l'idée de prendre le train plutôt que l'avion, de marcher sur les sentiers de randonnées plutôt que de partir à l'autre bout du monde, ou revenir à des modes d'agriculture ancestraux. Mais par-dessus tout je crois à l'efficacité de cette donnée première qui nous avons tous à portée de main, cette valeur antique : la chaleur humaine, la ressentir, la manifester. 

 

  • Il y a souvent un conflit de générations dans vos romans, est-ce que vous pensez que l'ancien et le nouveau monde seront ou sont déjà irréconciliables ?

      Il y a toujours une incompréhension entre génération. Mais là, dans la famille Fabrier, l'incompréhension se retrouve aussi aussi au sein de la même génération, entre ceux qui sont devenus citadins et ceux qui sont restés ruraux. Ville, campagne, ce sont deux mondes, deux modes de vie que tout oppose. Ville, campagne, cette fracture-là me semble essentielle en France, et jamais vraiment pacifiée. 

 

  • Pensez-vous que les animaux peuvent contribuer à recréer un lien entre les humains comme les chiens le font dans le roman ?

     Les animaux créent du lien, dans le roman ce sont même ces trois chiots, dans leur splendide innocence, qui font faire se rapprocher tous ces êtres autour d'eux. Je pense surtout que les animaux sont chez eux en ce monde, et bien plus adaptés que nous à cette nature. Je vois mon chien, hiver, ou plein été, il veut sortir dehors, il pousse la porte et sort, tout naturellement. Alors que moi, s'il pleut je chercherai un K-way, s'il fait froid je prendrai un pull et des gants, s'il fait très chaud je chercherai une casquette et des lunettes de soleil... Le dehors, la nature, les animaux y sont pleinement chez eux. Alors que nous, avant de mettre le nez dehors il nous faut toute une panoplie d'attirails. 

 

  • Est-ce que cette pandémie de Covid-19 vous semble avoir eu un effet positif sur un retour à des valeurs plus profondes et plus humaines ? 

La pandémie a eu au moins cette vertu de nous rappeler notre condition de mammifères, d'animaux humains. Nous ne sommes pas si éloignés que cela de ce monde qu'on dit animal, on partage les mêmes aliments parfois, et les mêmes virus souvent. Une pandémie permet surtout de se remettre en tête qu'une contamination virale, au fin fond de la Chine, peut quelques jours après avoir un impact sur la vie d'un Péruvien ou un Français ou un d'un Australien, à l'autre bout du monde. Il y a une fraternité de fait entre les humains même les plus indifférent, on s'échange le même air qu'on respire dans une même pièce, on s'échange mille molécules, l'individu n'est pas si autonome que cela.  

 

  • Vous revenez aux Bertranges avec ce roman, est-ce que ce lieu est toujours votre Montana et ne trouvez-vous pas que la littérature française s'est un peu plus "ruralisée" ces dernières années ?

     Oui, il est possible qu'elle se situe plus souvent dehors. La littérature française contemporaine est de plus en plus associée à la nature, à la notion d'espace, d'environnement, et pour ce qui était de décrire le dehors, de parler de grands espaces, on comptait plutôt sur des auteurs américains. 

 

  • Que représente la rentrée littéraire pour vous ?

Je l'ai toujours associé la rentrée littéraire aux vendanges, aux greniers qu'on remplit pour les mois d'hiver, la rentrée littéraire permet de faire des provisions de lectures, comme on le fait pour le blé, le foin, le raisin. Il y a justement cette impression de vivre moins dehors et plus dedans, avec les jours qui raccourcissent, la rentrée littéraire c'est l'exposition d'une moisson de livres, qui pendant trois mois se présenteront à nous.   

 

  • Avez-vous un récent coup de cœur à partager aux membres de la communauté CulturaLivres ?

J'ai lu un très fort livre, sur le dehors justement, où il est question de montagne et d'animaux, c'est le livre de Clara Arnaud : Et vous passerez comme des vents fous. Et celui de Laura El Maki, Combien de lunes, où il est question d'un jour qui ne se lève plus sur un village, très insolite et intriguant. Deux livres du dehors ! 

 

 

Alors, cette interview vous donne t-elle envie de découvrir le roman ? Avez-vous déjà lu un livre de Serge Joncour ?

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