[INTERVIEW] Tibi la blanche, le roman de Hadrien Bels à découvrir
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La rentrée littéraire bat son plein. Parmi les 490 romans qui sortiront cette année, nous vous avons dévoilé notre sélection de coups de cœur de la rentrée littéraire française.
Pendant toute la durée de la rentrée littéraire, nous vous proposons de découvrir chaque semaine une interview exclusive pour CulturaLivres de l'un des auteurs de notre sélection de coups de cœur.
 
Découvrez Hadrien Bels et son roman Tibi la blanche. Un roman sur la fin de l’enfance, sur l’amitié et sur la longue et compliquée relation entre le Sénégal et la France.   
Merci à @IsaPouteau de nous avoir aidés dans la rédaction de cette belle interview. 
 
 
@Céline Nieszawer@Céline Nieszawer
  • Pouvez-vous présenter votre roman pour les membres qui ne l’ont pas (encore) lu ? 
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C’est l’histoire de Tibilé, Neurone et Issa, trois jeunes amis d’enfance, qui attendent les résultats du bac à Thiaroye, une banlieue de Dakar en 2021, alors que le Sénégal est traversé par des mouvements de révolte anti-français. Ces résultats vont bousculer leurs relations familiales et amicales. On va aussi savoir s’ils vont quitter leur pays pour la France. C’est un roman sur la fin de l’enfance, sur l’amitié et sur la longue et compliquée relation entre le Sénégal et la France.   

 

Disponible en version numérique 

 

Ce que @IsaPouteau en a pensé : " Bien loin d’un récit d’aventure, ce roman nous raconte la vie de la jeunesse dakaroise, dans un Sénégal encore influencé par le néocolonialisme. [...] Un roman haut en couleur et une petite fenêtre ouverte sur le monde."

Découvrez son coup de cœur complet

 

 

  • Est-ce que Tibi et ses camarades existent ou proviennent-ils de votre imagination ? 
Pour ce roman ce sont des personnages fictifs. Mais dans mon écriture je peux utiliser des gens que j’ai croisés dans ma vie pour construire des personnages, prendre une caractéristique physique ou un trait de caractère d’une personne que j’ai connu (il faut se méfier des écrivains, tu peux vite te retrouver dans un roman !!). Mais souvent les personnages prennent forme au fur et à mesure que l’écriture avance. Et une fois installés, ils peuvent pratiquement prendre le pouvoir. Au départ, tu peux décider de ce qu’un personnage va devenir, et puis il se passe tout à fait autre chose. C’est assez magique d’ailleurs.  

 

  • Avez-vous, vous aussi, vécu cette même adolescence que vous décrivez dans votre livre ?  
J’ai eu une adolescence d’abord difficile, de petit délinquant et puis surtout, j’ai eu un enfant à 18 ans. Peut-être que d’écrire ces livres c’est une manière de revivre une adolescence à travers mes personnages. De rembobiner la bande et d’interroger mes propres choix.   

 

 

  • Ce qui est surprenant à la lecture de votre livre c'est que malgré le contraste entre la douceur apparente de la vie dakaroise et la dureté de la vie parisienne, les jeunes continuent de rêver à la France. Est-ce pour rompre avec leurs traditions ? 
Non, pas vraiment. Peut-être plus, les faire évoluer, mais sans rupture. Pour cette jeunesse, la famille est souvent très importante et les traditions sont toujours dans un coin de la tête. C’est quelque chose qui l’accompagne tout au long de sa vie. Mais au-delà de l’attrait pour un pays plus développé ou de la possibilité de carrière, c’est surtout l’envie de vivre sa propre vie et de découvrir autre chose. C’est aussi simple que le jeune qui vit dans une campagne française et veut rejoindre Paris. Pour changer d’air, se faire seul et vivre ses expériences 

 

  •  Que représente la rentrée littéraire pour vous ? 
Un cocktail d’excitation, de bonheur et de stress. On lâche notre enfant, ce livre qu’on a mis de long mois à écrire. Il doit maintenant marcher tout seul. Mais y’a aussi la rencontre avec les lecteurs, les libraires et d’autres écrivains. Ça c’est passionnant. Parce que ça permet de regarder son texte sous d’autres angles. De mieux comprendre ce qu’on a écrit. Enfin, on découvre un monde qu’on ne connaissait pas avant de sortir un livre. Les éditeurs qui défendent leurs poulains, les coups de cœurs des libraires, ceux qui vont intéresser les journalistes et puis y’a les Prix. Y’a pas mal de tension. Et quand on est publié on peut passer la tête derrière le rideau et voir tout ce qui se passe derrière la scène. Un sacré microcosme.  

 

  •  Avez-vous un récent coup de cœur à partager aux membres de la communauté CulturaLivres ? 
De Notre monde emporté de Christian Astolfi. Le récit intime d’un ouvrier des chantiers navale de Toulon décimé par l’amiante et la mondialisation. C’est un livre qui permet de mieux comprendre l’évolution politique d’une classe populaire abandonnée, sans être manichéen ou démagogique. Et puis c’est aussi très poétique 

 

Avez-vous lu Tibi la blanche ? Qu'en avez-vous pensé ?

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