Interview de Fanette Bée, auteure auto-éditée
Team Cultura

Pourriez-vous vous présenter en quelques mots

je suis donc une femme de 37 ans, anciennement libraire, qui a mis sa carrière entre

parenthèses pour exercer le rôle de Maman à plein temps durant quelques années, puis qui a décidé

de se ré-orienter vers un métier aux horaires plus compatibles pour gérer une vie de famille

nombreuse.

Je vis dans le Sud, à Marseille, et fourmille d'idées & projets créatifs divers.

 

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Pouvez-vous nous raconter la genèse du projet, qu’est ce qui vous a donné envie de vous lancer

et d’oser écrire ?

J'écris depuis mes 10 ans, environ. En classe de CM2, déjà, je dressais des portraits des

élèves et de nos enseignants, puis les faisais lire à mes camarades pour les faire rire.

J'ai ensuite longtemps tenu un journal, plus ou moins intime, puis ai commencé à imaginer de

courtes histoires, des nouvelles, hautement inspirée par le phénomène Anna Gavalda, à l'époque de

sa première publication (Je voudrai que quelqu'un m'attende quelque part)

Quand je suis devenue Maman, j'ai eu envie de partager cette grande aventure avec tous mes

proches, et même la terre entière ! Pour ça, j'ai ouvert un blog. Un bullet journal, mon exutoire, mon

rendez-vous quotidien, qui m'a permis de déverser mes joies, mes questionnements, ma fatigue,

mon amour, avec des mots. Huit années résumées en de nombreux posts. De magnifiques

rencontres, de riches échanges. Jusqu'à ce que la vie de nos enfants nous semble trop exposée.

Alors j'ai décidé de tourner cette page.

Mes écrits ont continué de jaillir, mais de manière plus privée.

Puis une copinaute (une blogueuse-amie), Sophie Horvath, a franchi le pas : elle a écrit, et auto-publié son premier

roman, Le quartier des petits secrets depuis sorti chez Flammarion.

En la lisant, ça a été le déclic : pourquoi pas moi ?

 

Je trouve le titre superbe, comment l’avez-vous choisi ?

Merci !

Le titre est une bribe de parole extraite d'une de mes chansons préférées de Mano Solo : Sens-tu,

citée à la fin du roman.

Il faut savoir que de nombreuses références au chanteur sont parsemées tout au long de mon

histoire. En effet, j'ai voué toute mon adolescence une telle admiration pour le personnage, son

combat, sa noirceur, ses textes, que je ne pouvais pas aujourd'hui écrire sans y glisser un peu de lui

à l'intérieur.

 

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Comment avez-vous trouvé l’inspiration ?

Le point de départ du roman m'est venu après l'arrivée d'une nouvelle famille dans le tout

petit village où nous passons nos vacances. Des gens du Nord qui ont décidé de s'installer là,

d'acheter des terres, de les cultiver et de vivre à l'année dans cette vallée retirée. Changeant de

région, de mode de vie et certainement leurs habitudes. Ainsi que celles des villageois.

Curieuse de cette démarche, envieuse de leurs projets, j'en ai imaginé une autre version !

 

Quels sont les grands thèmes – questionnements que vous avez souhaité aborder dans ce

roman ?

Le thème principal est celui du changement de vie. Il est question ici de renaissance, de

nouveau départ. Il s'agit surtout d'un retour à la nature, d'une vie à la campagne.

Je me suis aussi demandé comment les ruraux percevaient les citadins qui viennent envahir leurs

villages. Sont-ils toujours les bienvenus, une fois la saison estivale terminée ?

Puis, la famille, ses joies et ses conflits, reviennent également sous plusieurs formes et différents

points de vue tout au long de mon histoire.

 

Est-ce que la Drôme dans laquelle se passe votre roman est un lieu qui vous est cher ? Avez-vous

écrit votre roman là-bas ?

Le village décrit entre mes lignes n'existe pas vraiment, c'est pour cela qu'il n'est pas cité.

Il ressemble à plusieurs lieux qui me sont chers dans cette région, ce serait alors un condensé de ces

endroits, à la frontière entre la Drôme et les Alpes de Haute Provence.

En effet, c'est là-bas que je pars me ressourcer avec ma petite famille, lorsque nous cherchons à fuir

un peu la folie marseillaise.

D'ailleurs les deux premiers chapitres ont été écrits dans ce recoin de paradis, et tout le reste de

l'histoire qui a suivi a été bercé par les doux souvenirs de vie au creux de cette vallée paisible que je

décris.

 

Il y a beaucoup de personnages attachants dans votre roman. Comment avez-vous fait pour

dresser le portrait de chacun ? Parlez-nous du personnage qui vous touche le plus.

Mes personnages sont, paraît-il, d'après certains lecteurs qui me connaissent bien, tout à mon

image, c'est-à-dire gentils et bienveillants. Dans ce premier roman j'ai eu parfois du mal à m'extraire

de l'histoire, et même s'il n'y a rien de vraiment autobiographique, de nombreuses anecdotes

pourraient être bien réelles !

Je crois que je suis un peu dans chacun d'eux. Enfant, adolescente et adulte.

Le personnage que je tenais absolument à intégrer à mon récit est celui de Michel, le potier. Car mes

enfants et moi avons la chance de vivre et partager des ateliers tels que je décris dans le roman, avec

une artiste aux milles-et-une vies, patiente, aimante et pédagogue, semblable à mon bonhomme.

 

Parlez-nous un peu de votre expérience d’auto-édition avec Librinova.

J'ai choisi de passer par l'auto-édition pour tenter ma chance, car j'ai pu lire plusieurs romans

édités de cette façon, et que les services proposés par Librinova semblaient convenir à mon projet.

Leur fonctionnement est assez simple, leurs forfaits adaptés à différents budgets, et le suivi plutôt

réactif. Je ne regrette pas mon choix, même si aujourd'hui, maintenant que j'ai de nombreux retours

positifs, et quelques pistes pour améliorer certains points de mon roman, je vais me mettre

activement à la recherche d'un « vrai » éditeur, et tenter d'aller plus loin avec cette histoire.

 

Quand la vie soufflera ses vraies couleurs... de Fanette Bée, disponible sur Cultura.com 

1 Commentaire
Community Manager

Merci encore @stephanetteb d'avoir joué le jeu de l'interview, ce fût un plaisir !