Michel Bussi, l'interview
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Gravé dans le sable a une longue histoire. Ce livre a connu plusieurs vies, plusieurs éditeurs.Pour le plus grand plaisir de ses admirateurs – attentifs et nombreux – le voici édité de nouveau. Ce fut le premier roman écrit par Michel Bussi. Autant dire que cette histoire, sentimentale et policière, est émouvante à plus d’un titre. Pour les lecteurs, mais aussi pour son auteur qui nous raconte son parcours, son succès, et même ses secrets de fabrication !

Vous êtes devenu l’un des dix écrivains les plus lus de France : quel effet cela vous fait ?

Vous savez, on n’écrit pas des livres pour faire du chiffre ! Il n’y a pas de démarche commerciale quand on prend la plume. Moi qui ne suis pas un auteur médiatique, savoir que les lecteurs parlent de mes livres autour d’eux, qu’ils les achètent pour leurs amis, cette sorte de chaîne de lecture, me procure une joie immense. C’est cette dimension populaire que je trouve extraordinaire. Que les gens aient cette envie de lire ce que j’écris me fait infiniment plus plaisir que l’aspect commercial de ce succès…

Vos débuts ont-ils été difficiles ?

Ce qui est difficile, c’est de se faire éditer. Mon premier roman publié, Code Lupin, n’a pas tout de suite trouvé preneur. Mais dès qu’il est sorti chez un éditeur régional, ça a marché : il a été réédité sept fois. Pour le deuxième livre, j’ai obtenu plusieurs prix littéraires, j’ai assez vite senti une certaine reconnaissance, même si c’était à l’échelle de la Normandie. J’ai donc gravi les marches, une à une, jusqu’au succès actuel. Alors non, je ne peux pas dire que mes débuts ont été difficiles…

Gravé dans le sable n’est pas le premier roman que vous avez publié, mais le premier que vous avez écrit. Pourquoi le rééditer ?

Il était épuisé. Il est sorti il y a une dizaine d’années aux éditions des Falaises sous le titre Omaha Crimes. C’est un roman qui a bien marché, mais avec une diffusion essentiellement régionale. C’était intéressant de le publier de façon nationale aux Presses de la Cité, une maison qui me permet de publier en poche, d’être traduit dans différents pays et peut-être adapté au cinéma. Et s’il y a succès, il rebondira sur cette maison d’édition normande qui m’a fait confiance à mes tout débuts…

Vous avez relu le livre avec un oeil nouveau ? Vous l’avez corrigé ? 

Très peu, j’ai pu retirer quelques coquilles, quelques tics de langage – on devient plus pointilleux en vieillissant ! Mais sur le fond, je n’ai pas changé grand-chose car j’aime que ce livre ait les qualités et les défauts d’un premier roman. Il y a plus d’humour ou de second degré que dans mes autres livres, moins de soucis d’efficacité permanente et davantage de digressions que je ne me permettrais peut-être plus aujourd’hui. J’avais envie de conserver cette espèce de fraîcheur. Et puis, les lecteurs qui me connaissent bien reconnaîtront des clins d’oeil et des références que j’ai développés dans mes romans suivants.

Vous êtes-vous amusé à utiliser des stéréotypes du polar américain pour vos personnages ?

Je voulais quelque chose de très romanesque avec ces deux héroïnes, veuves, courageuses et malheureuses, et ajouter du second degré : le personnage de tueur à gages n’est quand même pas très sérieux, l’horrible sénatrice est au fond plutôt drôle ! Je voulais jouer avec le côté thriller, roman d’amour, mais garder ce regard humoristique sur mes personnages. Je ne connaissais pas, à cette époque-là, les codes du polar, alors je les ai inventés !

Quel est votre secret pour qu’on n’ait pas envie d’interrompre la lecture de vos livres ?

Il y a d’abord une grande part d’intuition : il faut être sûr d’avoir la bonne histoire, avec un bon début et une bonne fin. Je ne commence jamais l’écriture sans savoir précisément ce que je veux faire. Ma différence, est que le livre est vraiment conçu dès le départ.

Si je recherche toujours l’aspect littéraire, je n’oublie pas le côté scientifique de la trame : il faut que le roman soit bien agencé, bien structuré. Je passe beaucoup de temps à réfléchir : où vais-je mettre telle information, comment mes personnages vont se répondre, où vont être placées certaines révélations qui mettront le doute dans la tête du lecteur ? Tout cela est pensé. Il y a peu de part à l’improvisation. Mon histoire défile des milliers de fois dans ma tête jusqu’à trouver la bonne formule. Puis, au moment de l’écriture, je reste fidèle à ce schéma. C’est une importante mécanique, mais elle doit rester totalement invisible pour le lecteur.

Mais comment trouvez-vous vos intrigues ?

J’ai un gros avantage : comme j’ai été publié assez tard, j’ai beaucoup d’idées en tête ! La trame par exemple de Un avion sans elle, je l’ai depuis une vingtaine d’années. J’ai la chance d’avoir des sujets en stock. À peine ai-je fini un roman, que je peux déjà penser au suivant !

 



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