Alto Braco de Vanessa Bamberger
Team Cultura

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Découvrez le coup de cœur CulturaLivres de la semaine : Alto Braco de Vanessa Bamberger

 

Les horizons de notre enfance ont pour toujours une importance dans nos vies d'adultes, on le sait. Mais qu'en est-il des paysages dont nous sommes issus et dont, pourtant, les souvenirs ne subsistent qu'au travers de la mémoire ou de la parole des autres ? Lorsque les proches — garants de cet héritage des faits et des lieux — disparaissent, comme c'est le cas de l'une des deux grands-mère de Brune, la narratrice, que faire d'un legs resté pendant des années imprécis, ou mensonger ? 

 

Car les générations se succèdent en laissant parfois aux suivantes le soin de démêler le vrai du faux, leurs secrets finissant par déterminer ou altérer la matière d'une ou plusieurs existences après elles... Instantanément séduite par les choix de prénoms des protagonistes ("Douce", pour une grand-mère, y'a-t-il plus tendre ?) et le visuel de couverture (un médaillon vintage avec portrait sépia dont j'ai su, il y a peu, qu'il représentait en fait les deux grand-mères de l'auteure), j'ai été sensible à l'histoire de ces trois générations de femmes aux caractères si différents et aux destinées malmenées. Comment ne pas assentir, également, aux atmosphères entre lesquelles le coeur de la narratrice balance ; le "Catulle", café parisien au-dessus duquel enfant et orpheline de mère elle a grandi, dans les effluves salés et sucrés des mets imaginés par les excellentes cuisinières que furent ses grand-mères, et la géographie indocile et fascinante de l'Aubrac, terre d'origine de ses aïeules, à laquelle elle revient par la force des choses ? 

 

Beaucoup de sentiments se mêlent à la lecture : on partage la nostalgie du cocon inédit formé par les deux grand-mères et leur petite fille suite au décès de l'une d'elles, la tourmente aussi qu'il y a à appréhender un héritage psychologique trop longtemps laissé en pâture au non-dit, l'attrait pour le contraste formé par les plateaux verdoyants aveyronnais en regard de la vie urbaine, et surtout, l'on éprouve une émotion toute particulière à la lecture du lien indéfectible unissant les deux soeurs ♥


Avec ce roman (et après « La nuit des béguines » d’Aline Kiner ou « La vie parfaite » de Silvia Avallone que j’avais respectivement beaucoup aimés), les éditions Liana Lévi confirment le talent de leurs auteurs et se frayent doucement mais très sûrement une place au rang des maisons d’édition que j’ai le plus de bonheur et de curiosité à suivre. 

 

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