37 fois de Christopher J. Yates

37 fois de Christopher J. Yates

 

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Règlement de compte à rebours.

 

 

New-York 2008 : Plus de 20 années se sont écoulées depuis ce jour caniculaire de l’été 1982 qui a fait basculer la vie de trois adolescents, Matthew, Hannah et Patrick alors âgés à peine de 14 ans dans un fait divers tragique et meurtrier.

Le jugement a été rendu : le coupable, la victime par balles et l’innocent ont été clairement identifiés dans le groupe qu’ils formaient alors. Mais la sentence judiciaire est-elle pour autant la seule et unique vérité.

 

Le postulat glaçant de Christopher J. Yates tout au long du livre selon lequel « voir, c’est croire » m’a fortement interpellé tout au long du roman.

 

Quand Matthew refait surface en 2008 dans la vie de Patrick et d’Hannah, ce jour d’été 1982 leur revient comme un vieux boomerang déterré de ces longues années, lourd et poisseux.

 

J’ai vraiment adoré ce roman à la fois thriller psychologique et roman noir avec un zeste de nature writing où la montagne des Swangum dans le nord de New-York est un personnage à part entière avec son lac, ses peupliers et sa clairière, lieu du drame.

 

Au creux de cette montagne, j’ai aimé entendre l’ histoire sociale des habitants de la petite ville de Roseborn née de la cimenterie où préjugés et intolérance n’épargnent aucune famille qu’elle soit riche ou pauvre.

 

Ce roman est terriblement addictif et vivant car il donne tour à tour la parole aux 3 protagonistes qui délivrent chacun leur part de vérité longtemps enfouie sous une couche de mensonges, de culpabilités et de traumatismes familiaux violents. Autour de ces confidences, le drame de 2008 est dévoilé petit à petit dans une tension croissante et m’a fait tourner les pages sans pouvoir m’arrêter dans ma lecture.

 

C’est un nouveau procès qui s’ouvre, intime, convaincant et profondément bouleversant. Il dévoile les non-dits et les fausses croyances de Matthew, Patrick et Hannah à l’origine du drame qui m’a donné des frissons de compassion et d’horreur devant l’inéluctable du drame qui se jouait à nouveau 26 après. Mais surtout j’ai été témoin silencieuse et impuissante à mon tour des confidences de chacun sans que je puisse intervenir.

 

Terrifiant et implacable !

 

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