Une femme à part de Vivian Gornick aux éditions Rivages

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Une femme à part de Vivian Gornick aux éditions Rivages

 

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Avec le # Picabo River Book Club# dont le groupe initié par Léa Touch Book est sur FB, j’ai eu le plaisir de faire la connaissance d’une très grande dame américaine, Vivian Gornick. Journaliste et écrivain, Vivian Gornick née en 1935 est une enfant du Bronx dont le précédent livre attachement féroce raconte son enfance.

 

New-York est sa ville, New-York est sa vie, c’est le berceau de tous ses rêves de jeunesse et l’endroit où elle vit.

 

J’ai tout de suite aimé la manière dont Vivian Gornick m’a emmené dans ses pérégrinations au milieu de la foule où elle se sent libre et légère, anonyme et entière. Elle aime les gens de la rue, les marchands, les badauds , elle aime se fondre dans la multitude d’individus et se reconnaître étonnée dans les yeux d’un inconnu.

En se promenant dans les rues de New-York, Vivian Gornick raconte sa ville et se raconte, ses blessures d’enfance et le vide qui l’envahit quand elle se sent gagnée par le sentiment de perte hérité de sa mère.

 

Marcher dans New-York est le remède à son angoisse existentielle au même titre que ses études universitaires quand elle était plus jeune pour se démarquer de son sort .

 

Alors, telle une cinéaste ou une photographe, Vivian Gornick capte et engrange des conversations, des mots, des expressions, des mini scènes qui font de ce joyeux bazar la graine de nos folies.

La brièveté des rencontres et des échanges qui n’enlève en rien de leur intensité font le sel de la vie, de tout ce qui la rend vivante, drôle et fine observatrice du monde.

 

Ce n’est pas un roman ni un récit autobiographie, c’est plutôt un délicieux pêle-mêle d’anecdotes toniques et de souvenirs pas forcément nostalgiques mais insufflant plutôt un nouvel élan.

C’est un tourbillon de réflexions courtes où l’on passe du coq à l’âne, comme on passe de la 14ième rue à la 43ième avenue (c’est le rythme de la marche et de la réflexion qui donne le ton au texte) de l’amitié à l’amour et à l’émancipation féminine dans les années 70-80. Sur ce qui nous construit ou nous empêche de grandir et d’être heureux comme l’épine que l’on a sous le pied.

 

C’est joyeux, tendre et mordant.

 

Foisonnant aussi en thèmes culturels.

 

J’ai beaucoup apprécié les nombreuses références à des ouvrages littéraires, des photographes ou encore des comédies musicales qui font la renommée de New-York.

 

Je ne connais pas New-York mais depuis ce livre, j’adorerai suivre les pas de Madame Vivian Gornick et m’offrir une délicieuse pause dans un coffee shop tout en laissant mes idées vagabonder.

En attendant, j’ai bien envie de me plonger dans les photographies retro de Bérénice Abbott !