"Avant que naisse la forêt" de Jérôme Chantreau

Highlighted

"Avant que naisse la forêt" de Jérôme Chantreau

Vaporeuse. Voilà l'état dans lequel je me trouve au terme de cette lecture. Une sensation aérienne et agréable... et pourtant  étrange, comme cette histoire teintée de légende, fantômes et folie douce. La plume singulière de Jérôme Chantreau y est pour beaucoup dans cet enivrement quasi mystique, qui, même s'il pourra dérouter certains lecteurs, ne les laissera en tout cas pas indifférents. 

 

 

Ce livre résonne. Il résonne déjà avec le second roman de cet auteur, Les enfants de ma mère, qui avait déjà eu un effet hypnotique sur moi. Le rappel à cette rue de Naples, cette vie parisienne antérieure à l'appel de la forêt, cette femme "année 70-80", bohème, qui se retrouve seule, avec ce pouvoir brûlant de prendre enfin des décisions pour elle et ses enfants alors qu'elle n'avait jusque là que le rôle "d'épouse de". Françoise est une déclinaison possible de Jacqueline et inversement. Tout comme ce fils, élevé par des femmes (mère, sœur, tante), qui développe sa part de féminité, le faisant se sentir un peu à part, presque honteux, avant d'en tirer une véritable force. Là encore Albert est une déclinaison de Laurent et inversement. Des histoires miroirs. 
Le roman résonne aussi en nous et pose la question de nos racines. Des chansons qu'écoutaient nos parents et qui nous ont bercé. De ces vieilles maisons où nous avons joué et appelé les fantômes par des séances de spiritisme improvisées entre cousins. Des odeurs de granges, de chats, de terre, qui s'accrochait à nos vêtements.
Des souvenirs universels qui rappellent les rites et étapes de nos vies, de l'enfance à l'âge adulte, de l'amour au deuil. Une succession de madeleines de Proust.
 
L'intégralité de ma chronique est à retrouver ici