Dans la cuisine du chat : Philippe Geluck passe à table
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C’est dans un somptueux coffret n’enfermant pas moins de deux albums de cent pages et une Gazette que les nouveaux miaulements du Chat sur le monde nous parviennent. L’occasion de cuisiner son auteur, Philippe Geluck, sur ses méthodes de travail…

C’est déjà le dix-neuvième album du Chat,comment faites-vous pour trouver encore l’inspiration ?

Ce qui me trouble et qui m’enchante à la fois, c’est de me dire en effet que je continue à être inspiré et à trouver des idées autour d’un système qui est assez simple : un personnage qui s’adresse aux lecteurs. Certains me prédisaient il y a vingt-cinq ans que ça allait faire « pschiiit » très rapidement. Il est certain que je n’aurais pas misé forcément sur mon avenir mais il se trouve que ça continue de jaillir. Comme dans un charbonnage je continue à extraire de la houille et je ne suis pas près de passer au chauffage au fioul (rires).

Comment travaillez-vous ? Vous vous installez à votre planche à dessin en attendant que ça vienne ou vous notez vos idées n’importe où et vous les retravaillez après ?

Les deux. Au début, je n’avais pas le réflexe de noter les idées comme elles venaient, je pensais que ça ne pouvait pas se tarir. Et puis, à un moment, j’ai réalisé que c’était dommage de laisser partir des pépites comme ça. Donc j’ai commencé à écrire sur des petits carnets, aujourd’hui je les note sur mon smartphone. Ça, c’est pour les idées miraculeuses qui arrivent sans qu’on les sollicite et qui tout à coup, allument une petite lampe. Et puis il y a toute la partie du travail qui est plus laborieuse, plus contrainte, mais agréable aussi, qui consiste à se mettre à la table à dessin et s’astreindre à trouver des idées.

Quelle est la part de spontané et la part de travail dans vos dessins et vos gags ?

Ces deux albums comprennent une sélection parmi trois ans de travail et sont à 90 % des dessins inédits. Dans La Gazette du Chat, il y a par exemple une reproduction du Chat en slip à carreaux qui dit : « Merci Vasarely ! » Ce tableau en acrylique existait déjà, dans un format d’un mètre sur un mètre, mais avec un autre texte. Je le voyais, là, quotidiennement, accroché dans mon atelier, et je le trouvais visuellement réussi mais pas drôle. Et à un moment j’ai trouvé la formule, qui a l’air évidente, et j’ai tout réécrit. Donc parfois un dessin ou une idée peut rester ainsi en souffrance et s’affiner avec le temps.

Dans l’humour, quelles sont les limites que vous vous imposez ?

Dans ma tête, je n’ai pas de limites. J’arrive à rire de choses absolument effrayantes et dramatiques. Les limites me sont imposées à la fois par le support pour lequel je travaille et par les personnes qui m’entourent. En privé, on fait ce qu’on veut, on rit de ce qu’on veut, entre amis de confiance évidemment. Si Valérie Trierweiler est à table avec vous, vous évitez par exemple, car vous prenez le risque qu’elle publie un livre en racontant que vous riez des malheurs du monde (rires).

Par les temps qui courent, on aurait pu penser que ce dix-neuvième tome serait plus au fait de l’actualité ?

Je me suis rendu compte que des dessins sur l’actualité très chaude refroidissaient très vite. Et que les faire figurer dans un livre un an ou deux ans après les événements, ça ne rimait plus à rien. Alors imaginez pour les lecteurs qui liraient Le Chat vingt ans après !

Philippe Geluck sera en dédicace le 6 décembre de 16h à 19h au magasin des 4 temps La Défense



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