Lucie Durbiano à l’école de Claudine
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 Découvrez l'interview CultureBD de l'auteur de  Claudine à l’école, Lucie Durbiano. 

 

Lucie Durbiano a accepté de nous rencontrer lors du festival d’Angoulême, deux jours tout juste après avoir fini son album Claudine à l’école. Elle nous a raconté le parcours qu’a suivi la création de cette adaptation moderne et réussie du roman de Colette du même nom.

 

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Vous venez donc de finir Claudine à l’école ?

Je l’ai bouclé il y a deux jours et j’ai eu la journée d’hier pour me reposer. [sourire] Faire cet album m’a pris une année entière en dehors d’autres commandes comme une bande dessinée mensuelle dans Astrapi, les Super Super. Et quelques albums jeunesse, notamment une série qui s’appelle Lulu Grenadine chez Nathan.

J’ai été très longue au début de l’album. Le temps de poser l’histoire et d’adapter, réécrire le scénario, d’après le roman de Colette. Il a fallu que je fasse le découpage, ce qui est chronophage. J’ai étiré le roman et pris mon temps.

 

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Pourquoi avoir choisi ce roman ?


Au départ, je n’avais pas forcément envie d’adapter un roman même si Gallimard me l’avait déjà proposé. Je ne voyais pas forcément l’intérêt de reprendre une œuvre qui existe déjà et qui est très bien en soi. J’avais peur de faire quelque chose de moyen à partir d’une œuvre qui, elle, est excellente.

Finalement, j’ai relu Claudine à l’école alors que mes filles, adolescentes, le relisaient, et ça m’a donné envie de dessiner. J’ai eu cette envie enfantine de dessiner les personnages, juste pour le plaisir car l’histoire était rigolote. Je trouve les personnages truculents et le récit très vivant et drôle. J’étais même étonnée qu’elle n’ait pas déjà été adaptée en bande dessinée alors que les Claudine en général ont eu beaucoup d’adaptations, en pièces de théâtre du vivant de Colette par exemple.

Je n’ai pas envie de faire d’autres Claudine pour autant : Claudine à l’école est mon préféré, je le trouve très drôle et son thème, l’école communale des filles, m’a intéressée.

 

 

Comment avez-vous procédé pour l’adaptation ?


C’est la première fois que je fais vraiment une adaptation d’après une œuvre littéraire. L’écriture de Colette est très riche. J’adore cet écrivain ! Le problème c’est que toute son écriture, sa sensualité et sa narration peuvent être perdues dans le dessin. Je suis donc surtout partie de dialogues, un peu comme une pièce de théâtre avec des saynètes et beaucoup de reprises de dialogues.


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Il fallait que l’ensemble soit cohérent et que ça coule de source mais j’ai bien sûr dû faire des choix. Je procède à l’intuition : j’essaie que les dialogues sonnent bien sans dénaturer l’auteur puis j’adapte avec le dessin et le découpage. Je fais un gros travail au niveau du découpage. Je procède page par page de sorte que chaque planche soit cohérente, avec un grand travail sur les ellipses.

Votre adaptation est très moderne...

Les gamines écrites par Colette sont vraiment comme des gamines d’aujourd’hui même si l’époque est révolue. Les situations qu’elles vivent sont modernes et toujours d’actualité. Par contre, je n’ai pas un trait réaliste : assez stylisé, il convient bien à l’histoire. Je trouvais particulièrement intéressant, ce milieu de l’école qui est décrit presque comme un documentaire : on a peu décrit historiquement ces écoles et au niveau des romans et de l’adolescence, il n’y avait pas tellement de récits qui témoignaient de ce milieu de petites filles.

 

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En plus, le thème du harcèlement et de la représentation des femmes revient au centre de l’actualité. Mettre cela en dessin me permet d’amuser mais également de véhiculer du sens, il occulte juste le sens de la description et la langue de Colette mais j’espère que cette adaptation amènera des personnes à s’intéresser au roman !

Quand j’étais petite, dans les années 70, il y avait un feuilleton autour d’adaptations de Claudine. J’étais trop petite pour le regarder avec mes parents et je devais me coucher car le lendemain, il y avait école. Je ne voyais que le début et ça me faisait rêver ! J’ai fini par m’approprier ce que j’avais fantasmé, je m’en suis rendu compte après coup.


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Et vos projets à venir ?

J’aimerais faire des histoires courtes dans l’immédiat, pour souffler un peu ! [Rires]

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