Talents romans jeunesse 2017 : les questions du comité de lecture à Erwan Ji
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Un premier roman, c’est toujours émouvant. On découvre une plume, un nouvel univers avec bienveillance, le cœur battant.

 

Les lecteurs du comité de lecture TALENTS ROMANS JEUNESSE 2017 ont ainsi découvert avec bonheur Erwan Ji, auteur du feel good "J’ai avalé un arc-en-ciel", un roman pétillant, drôle, sensible, dans l’air du temps. Une belle lecture et un immense plaisir prolongés grâce à l’interview que nous vous présentons aujourd’hui !

 

 Nous remercions chaleureusement Erwan Ji pour sa disponibilité. 

 

erwan_ji_04-redim.jpg© Erwan Ji

Découvrez ci-dessous l'intégralité de l'interview ! 

 

D’où vous est venue l’idée du roman ?

J’ai enseigné pendant 3 ans dans un lycée privé catholique aux États-Unis. À la fin de chaque année, les élèves de dernière année participaient à un jeu nommé Assassins, s’éliminant les uns les autres au pistolet à eau pendant des semaines. Les anecdotes que j’entendais en classe me faisaient mourir de rire, alors j’ai pensé en faire un roman.

À mesure que je concevais l’histoire dans ma tête, je me suis rendu compte que le jeu seul ferait un cadre un peu limité pour un roman. En revanche, mes notes sur le lycée, sur ses us et coutumes et sur les habitudes de mes élèves, s’épaississaient de jour en jour. Cet univers se prêtait parfaitement à accueillir une histoire sur le thème de l’adolescence, et j’ai donc décidé d’écrire un roman qui s’y déroulerait et qui s’étendrait sur une année scolaire, en incluant, bien sûr, le jeu Assassins.

 

Quel a été le déclic qui vous a décidé à à tenter l'aventure de l'édition ? 

J’ai écrit plusieurs romans avant celui-ci, mais je trouvais qu’ils n’étaient pas assez aboutis pour être publiés. Quand j’ai terminé J’ai Avalé un Arc-en-Ciel, j’ai pensé que le projet était plus mûr. J’étais fier de son authenticité, car presque tout ce qui était dans le manuscrit provenait de mon expérience et de témoignages d’élèves. Le temps passé dans cette école m’avait beaucoup touché, j’ai pensé que des lecteurs pourraient être touchés d’y passer du temps aussi. Et puis j’adorais Puce et j’avais envie que d’autres puissent la découvrir. Alors j’ai tenté ma chance !

 

Pourquoi avoir choisi de situer l'action aux Etats-Unis plutôt qu'en France? Est-ce pour le côté exotique, ou avez-vous vécu cette expérience lors de votre adolescence, ou encore aurait-ce été un rêve pour vous?

Parfois, quand on écrit, une histoire nous vient, et l’environnement nous vient ensuite. Pour ce roman, c’est vraiment l’inverse, le sujet de mon livre était ce lycée particulier et la culture qui l’entourait, et fatalement, tout cela concernait les États-Unis. L’intrigue concernant Puce ne m’est venue qu’ensuite. De plus, n’ayant pas mis les pieds dans un lycée français depuis plus de dix ans, j’aurais été bien incapable d’écrire un roman qui s’y passerait et qui parlerait à des adolescents français qui auraient connu cet environnement bien mieux que moi.

 

Pourquoi avoir choisi une fille comme personnage principal ? Comment avez-vous fait pour vous mettre dans la peau du personnage et la comprendre afin de la rendre crédible?

Les problématiques des garçons de son âge m’intéressaient moins que celles des filles. De plus, on m’a souvent dit que lorsqu’il s’agit d’amour et d’amitié, je pense plus comme une fille que comme un garçon. C’était paradoxal, mais j’avais l’impression de ne pas assez penser comme un garçon pour être crédible ! Mais j’étais conscient que c’était aussi un défi et un risque de me glisser dans la peau d’une fille, alors pour me donner les meilleures chances de réussir, je me suis isolé en Bretagne pendant 4 mois après être rentré des États-Unis. J’ai vécu Puce, pensé Puce, respiré Puce. Et puis chaque jour, j’échangeais des messages avec 8 anciennes élèves américaines de l’âge de Puce qui ont répondu à mes innombrables questions pour m’aider à garder un point de vue féminin et adolescent sur le monde qui entourait mon personnage.

 

Pourquoi avoir choisi la forme du « blog » pour le récit ? Et pourquoi l’héroïne se prénomme-t-elle Capucine ? (une signification personnelle particulière ?)

J’avais besoin d’un format qui permettrait à Puce de parler de sa vie, mais aussi de s’adresser aux lecteurs et de décrire sa culture, ce qu’elle n’aurait pas fait naturellement dans un journal intime. Et puis c’était un format qui convenait bien à sa génération.

Quant à son prénom, c’est l’un de mes prénoms préférés, et il introduisait des problèmes de prononciation pour les Américains, ce qui m’amusait beaucoup et permettait au lecteur de ne jamais oublier que Puce est franco-américaine. Si je me souviens bien, dans mon tout premier texte d’essai, elle s’appelait Mélusine et était surnommée Luce !

 

Les personnages de votre roman semblent vivre dans une bulle; tout gravite autour de cette école pour riches où ils se retrouvent entre eux, comme si le monde extérieur n'existait pas. Ils n'ont pas d'amis au-dehors, ne s'intéressent à rien d'autre que leur petite société. Est-ce pour vous positif ou négatif?

Au début, j’ai eu tendance à penser que c’était négatif. Mais avec le temps, j’ai compris que c’était une chance, qu’ils avaient l’occasion de grandir dans cette bulle qui les protégeait. Ils peuvent vivre leur adolescence dans un confort incroyable, que personnellement j’aurais rêvé d’avoir quand j’avais leur âge. Cela leur donne une confiance précieuse pour la suite, ils apprennent le sens de l’amitié et de la communauté. Lorsqu’ils sortent du lycée, il est toujours temps pour eux de découvrir autre chose à l’université.

 

Que ressentez-vous après avoir publié votre roman ?

Je suis parfois surpris par la façon dont il est vu par les gens, car ce n’est pas toujours ce que j’avais en tête au moment de l’écrire. Mais c’est la magie des livres, une fois écrits, ils appartiennent aux lecteurs qui en font ce qu’ils veulent ! Et puis j’ai reçu quelques messages incroyables de lecteurs qui m’ont témoigné beaucoup d’affection pour Puce, ce qui m’a énormément touché, car Puce est un personnage que j’adore et qui me tient beaucoup à cœur.

 

Avez-vous d’autres projets (romans…) ?

Je termine en ce moment la suite de J’ai Avalé un Arc-en-Ciel, qui sortira l’année prochaine. J’écris aussi une série de 4 livres d’aventure-fantasy rigolote pour la jeunesse que Nathan publiera également l’année prochaine, et qui a un lien tout particulier avec J’ai Avalé un Arc-en-Ciel et sa suite. J’ai déjà trois idées de romans pour après, mais c’est top-secret 😄

 

Quel est votre auteur préféré et votre genre de lecture ? 

Ah, mince, je vais décevoir les bookworms, mais je lis assez peu de livres, en réalité ! J’en ai lu énormément jusqu’à la fin du lycée, mais depuis, mon intérêt se porte surtout sur le cinéma et les séries télé américaines, dont c’est vraiment l’âge d’or depuis le début des années 2000. Je passe tellement de temps à relire mes propres textes, lorsque je fais une pause j’ai souvent envie d’un format narratif différent.

Quand je lis, je n’ai pas de genre. Je peux pleurer devant la beauté des mots de Victor Hugo ou d’Antonin Artaud, rester trois jours la bouche ouverte face à l’imagination de J.K. Rowling ou de Michael Crichton, savourer les descriptions de pique-nique d’Enid Blyton, frissonner de plaisir en traversant les moments d’horreur de Graham Masterton ou me délecter des thrillers de Thomas Harris. Peu importe le genre, si un livre est délicieux, je veux bien le dévorer !

 

Je suis sûre que vous n'avez plus qu'une idée en tête : allez lire ce roman au plus vite !

 

J'ai avalé un arc-en-ciel est disponible sur Cultura.com en version papier ou en version numérique, à vous de choisir ! 

 

J-ai-avale-un-arc-en-ciel.jpg

Bonne lecture et un grand merci au Comité de lecture TALENTS ROMANS JEUNESSE 2017 et à  Erwan Ji !