Talents romans jeunesse 2017 : les questions du comité de lecture à Joanne Richoux
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"Marquise" roman somptueux. Mais pas pour les princesses, ou alors les princesses rock’n roll et les garçons qui n’ont pas peur des filles qui en ont… de la répartie et du talent !  Parce que la langue de l’auteur est percutante, poétique, unique, parce que l’héroïne est impertinence et cash.

Un roman déjanté, musical, bluffant !

 

Nous remercions chaleureusement Joanne d’avoir répondu à nos questions. 

 

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 Retrouvez ci-dessous l’intégralité de l’interview !

 

Bonjour Joanne,

Bonjour

 

Avant de rentrer dans le vif du sujet – le texte – la couverture de votre livre est assez exceptionnelle, intrigante même ; avez-vous eu votre mot à dire sur ce choix ?

N’est-ce pas qu’elle est extra ? Disons que j’avais une vague idée en tête, et que j’en avais discuté avec Tibo, mon éditeur. Sans plus. Puis quelques mois plus tard… TADA ! Claudine (la maquettiste de Sarbacane) avait exercé sa magie – pour mon plus grand plaisir.

 

Parlons du roman. Qui est Charlotte ? Comment construit-on un personnage aussi fort ?

Charlotte, c’est une orpheline de 19 ans qui vit chez sa tante, dans un village paumé. Elle n’a pas vraiment d’amis – son caractère de sauvageonne a tendance à faire fuir ceux qui l’approchent. Mais elle a Billy (le copain d’enfance sexy dont on tombe amoureuse en grandissant).

Je voulais que Charlotte soit une jeune femme courageuse et culottée, mais surtout nuancée : sous cette apparente impertinence, elle est bourrée de failles. C’est ce qui m’intéresse dans sa psychologie : les facettes. Il me semble que pour qu’un personnage fonctionne, il faut qu’il soit « incarné », qu’on s’y identifie. Et comme dans la vie, personne n’est jamais tout blanc ou tout noir…

 

Quid des autres personnages qui ne laissent jamais indifférents ? Les aviez-vous imaginés tels quels dès le début au roman ou ont-ils pris de l’épaisseur au fil du roman ?

J’avais une idée assez nette des huit nouvelles recrues du Marquis, et de la plupart des personnages secondaires. Du moins pour la rédaction du premier jet. Ensuite, plus on avance avec son histoire, plus les détails affluent. On se dit qu’on pourrait ajouter une particularité physique à un tel, modifier un trait de caractère chez un autre… Tibo m’a également soufflé pas mal de suggestions dans ce sens-là. Le tout c’est de s’amuser avec ses personnages, d’oser des choses gonflées.

 

D’où vous est venue l’idée de mettre en scène votre récit dans un château écossais, dans une atmosphère à la fois « hors du temps » et très rock’n roll ?

Dans ce roman, j’ai eu envie de distiller tout ce qui me fait vibrer.

Alors j’ai pris des choses à droite, à gauche, au milieu, et je les ai mélangées. La vie de château, la culture rock, les chemises à jabots, les tatouages, les jardins féériques, les guitares électriques, les perruques… en touillant bien, j’ai voulu créer un univers déjanté et reconnaissable, qui me correspondrait.  

 

Ce qui marque beaucoup dans votre récit, c’est votre style, votre langue, le souffle de votre écriture. Très cash, sans concession et qui sert formidablement bien l’intrigue. Comment avez-vous aiguisé votre plume pour arriver à la rendre aussi percutante ? 

J’ai déjà dit que j’aimais les nuances et les mélanges improbables ?

Plus sérieusement, je trouvais intéressant de mêler esthétique du 18ème et modernité dans le récit, alors pourquoi ne pas aller dans la même direction avec la langue ? J’aime l’idée de faire cohabiter des envolées lyriques et des grossièretés dans le même paragraphe. J’aime les alliances explosives. C’était le but premier, et ça a plu à mon éditeur quand il a lu le manuscrit.

Il m’a énormément aidée, par la suite, à affiner cette langue et à en faire ce qu’elle est aujourd’hui.

 

Dès le début de votre roman, la bande-son apparaît. Des extraits de texte sont repris dans le roman. Est-ce la bande-son de Charlotte uniquement ou celle qui vous a accompagnée lors de l’écriture de votre roman ?

 En rédigeant Marquise, j’avais spontanément crée une playlist, intégrée au texte. C’est seulement par la suite que j’ai découvert que des playlists figuraient au début des romans Exprim’ (un signe cosmique de plus). Alors je me suis régalée.

La musique a une place très importante dans mon processus de création : déjà parce qu’elle me donne accès à une galerie d’émotions qui fluidifient l’écriture. Ensuite, si je troque la casquette d’auteur pour celle de lectrice, je trouve que l’union texte/musique fonctionne très bien (comme l’union cinéma/musique, d’ailleurs). C’est un plus qui aide à « en prendre plein la vue », à ressentir une scène ou une idée de façon plus profonde.

 

 

Sans dévoiler la fin… celle-ci est totalement inattendue et bluffante. Saviez-vous vers où vous vous dirigiez durant la rédaction du roman ? Ou la fin est-elle née en cours d’écriture ? Après échange avec l’éditeur ?

 Vous voulez dire ce moment totalement dingue où Charlotte se….. Ah non, il ne faut rien révéler !

 Mais pour pouvoir répondre à la question, je dirais qu’il y a en effet un twist, qui offre une double lecture du roman. Je l’avais bien en tête avant la rédaction. Ça a compliqué le processus, puisqu’en plus de la trame de fond, il fallait garder à l’esprit cet « autre déroulement » de l’histoire. Mais c’est un challenge qui m’a d’autant plus motivée. D’ailleurs, après échange avec Tibo, on a modifié le rôle d’un des personnages, sur un coup de tête. C’est toujours chouette, en tant qu’auteur, de prendre des risques. De se dire que le lecteur va cogiter et nous en vouloir. J’adore ça, personnellement !

 

 Merci Joanne pour votre temps et votre roman somptueux.

 Merci à vous !

 

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Bonne lecture et un grand merci au Comité de lecture TALENTS ROMANS JEUNESSE 2017 et à Joanne Richoux !  

1 Commentaire
Grand Maître**

Bonjour et merci pour cette interview très intéressante. Bonne journée!