Ainsi pleurent nos hommes

‎01-10-2022 10:20

Ainsi pleurent nos hommes

Dominique Celis 

 

 


 

 

Erika est effondrée. Son histoire d’amour passionnelle avec Vincent s’est achevée. Elle exorcise son chagrin en écrivant chaque jour une lettre à sa soeur, lui confiant la profondeur de son désarroi et les méandres de cette liaison vouée à l’échec. Car tous deux portent en eux les stigmates de blessures éternelles, condamnés à vivre avec leurs souvenirs des années du génocide et de la perte de leurs plus proches parents, dans des conditions inhumaines. Erika et Vincent sont rwandais, et s’ils vivent dans un pays qui a manifesté la volonté d’enterrer le passé, chacun reste marqué par cette période innommable. 

 

Quelques scènes d’horreur sont rapportées, mais ne constituent pas l’essentiel du récit, même si en filigrane les massacres sont bien présents dans les esprits. Récit nécessaire pour éviter l’oubli, comme pour la Shoah.

 

J’ai cependant eu beaucoup de mal avec ce roman, écrit dans un style flamboyant, poétique certes mais parfois peu compréhensible, d’autant que s’y ajoutent de nombreuses expressions locales, parfois traduites, parfois non, et on découvre à la dernière page qu’il existe un lexique (ce qui ne résout que partiellement cet écueil car s’y référer implique une coupure dans la lecture déjà complexe )

 

Virtuosité d’une écriture qui met à distance l’intrigue, et risque fort de décourager le lecteur.

 

284 pages Philippe Rey 18 Août 2022 

 

 Citations

 

 

Telle est la colère, Erika. Elle te détruit. Elle ne détruit que toi. Elle n’altère en rien le contenant ou le récipient. La colère ne modifie rien. Elle ronge. Tu vois, c’est une douleur terrible de ne pas pardonner. 

 

*

 

Ma fille, quels fils respectueux se présenteraient devant leur mère après l’avoir vu battue et violée par leur colline ?

 

 

 

 

 

 

Dominique Celis, écrivaine rwandaise vivant à Kigali, est la lauréate de la résidence francophone Afriques-Haïti 2019. Elle est agrégée en philosophie. Ainsi pleurent nos hommes est son premier roman .

 

 

Cultura Chantepie
6 Réponses 6
‎01-10-2022 10:32

Re: Ainsi pleurent nos hommes

J'hésitais à m'y plonger @Kittiwake et je crois que je vais attendre un peu.

‎01-10-2022 18:02

Re: Ainsi pleurent nos hommes

@Kittiwake Un livre qui ne doit pas être facile à lire. 

‎02-10-2022 21:43

Re: Ainsi pleurent nos hommes

@Kittiwake @montagne85 @IsaPouteau je l'ai commencé (environ 100 pages), j'ai du mal à accrocher. Je l'ai mis de côté pour y revenir plus tard.

‎03-10-2022 11:57

Re: Ainsi pleurent nos hommes

@MAPATOU Je l'ai dans ma PAL. Je verrai si je peux le lire

il y a un mois

Re: Ainsi pleurent nos hommes

@Kittiwake @MAPATOU @IsaPouteau Je viens de le terminer et je suis d'accord avec toi @Kittiwake il n'est pas simple à lire. Ce n'est pas fluide et par moment j'étais un peu perdue. 

Par contre, il relate bien le génocide du Rwanda avec les horreurs commises sans tout révéler car hélas c'était très violent. On ressent bien toutes les blessures qui ne peuvent se refermer pour tous les témoins de ces actes.

il y a 3 semaines

Re: Ainsi pleurent nos hommes

DSCF3067.JPGPitch :

Kigali, 2018. Depuis sa rupture avec Vincent, Erika vit sur un fil. Elle décide alors de se faire hara-kiri par l'écriture, d'adresser à sa sœur des lettres pour " exorciser de son corps " un amour-dévastation qui l'habite encore. Elle raconte son histoire, mais également celles des êtres fragiles auxquels elle est attachée, qui eux aussi tentent de vivre. Avec James, frère second hand, Manzi, le séduisant karatéka, Mzee Idelphonse, Maman Colonel, Tonton Damas, les cœurs débordants comme la mousse des bières décapsulées au bar L'Église, ils reconstruisent une nouvelle famille. Du pays aux mille collines florissantes, où après le génocide des Tutsis chacun a été forcé de tourner la page. Les deux amants sont hantés par le souvenir de leurs disparus des massacres de 1994 : ses tantes pour Erika, toute sa famille pour Vincent.
Dans une langue vive et inventive, à la scansion fiévreuse, Erika partage la singulière histoire d'un amour qui tente de résister à cette fatalité tragique. Même lorsque Vincent se sépare d'elle, la passion charnelle qui les domine ne faiblit pas, et c'est une femme vibrante de regrets, encore taraudée par le désir, qui rédige ces lettres, puisque sur sa peau " rien ne veut s'effacer ".

 

"Aimer. C’est mourir. Trop, risquer. De perdre. D’être dépossédé de.
De ne pas être à la hauteur. De ne plus l’être. Aimer, Lawurensiya, interroge Maman. C’est mourir.
C’est être, à jamais, Impuissantes, des nôtres pas sauvés.
Aimer, Lawurensiya, souviens-toi du père. C’est inguérissable. Alors. Vincent . Il a choisi de renoncer."

 

Merci à l'équipe de Cultura et les éditions Phillipe Rey d'avoir permis à quelques membres de la communauté de découvrir ce roman. Ce premier roman comme l'explique @montagne85 et @Kittiwake  n'est pas facile dans le style d'écriture. Il est cru mais le travail poétique et fort en émotions reste intacte. Je pense que l'autrice a fait un gros travail dans le choix des mots et des expressions et le fait qu'elle utilise les répétitions et l'oralité rend l'ouvrage compliqué à lire. L'autrice donne la parole aux femmes, aux invisibles des guerres, un sujet fort mais le style découragera plus d'un lecteur. Ma note 3,5Cœur/5. 

 

https://www.cultura.com/p-ainsi-pleurent-nos-hommes-9782848769592.html

 

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