L'Indésir de Joséphine Tassy

‎16-09-2023 08:25

L'Indésir de Joséphine Tassy

 

 

 

https://leslivresdejoelle.blogspot.com/2023/09/lindesir-de-josephine-tassy.html

 

" Je ne savais pas qu'on est rien sans désir."

 

Nuria, la narratrice, apprend la mort de sa mère qu'elle n'a pas vue depuis huit ans. Avant cette rupture, elles ne se voyaient que de temps en temps, 3 ou 4 fois par an, sans que sa mère n'ait jamais vraiment établi une relation avec elle. Après le départ de sa mère lorsqu'elle était toute petite, c'est son père et sa grand-mère paternelle qui l'ont élevée. " Les blessures d'enfant ne cicatrisent pas, mais le corps grandit et la blessure ne grandit pas." Ses parents étaient trop différents dans leurs corps et dans leurs histoires pour que leur relation perdure " Leurs peaux brillaient l'une pour l'autre. Le noir bleu de la peau de mon père et le blanc lune de la peau de ma mère"

Incapable de verser une larme, elle se rend à l'enterrement accompagnée d'Abel qu'elle a rencontré la veille au soir en boîte de nuit. 

 

Un titre surprenant et judicieusement inventé pour un premier roman très réussi. 

C'est l'histoire d'une jeune femme éteinte, sans envie, sans désir, qui ne ressent aucune émotion à l'annonce de la mort de sa mère, et qui, dans un premier temps,  n'arrive même pas à désirer savoir qui était vraiment sa mère. Le lendemain de l'enterrement, des discussions avec le dernier amant de sa mère, avec son oncle et sa tante, avec des amis de sa mère lui permettent de s'approcher du fantôme de cette femme dont l'absence, l'indifférence et le manque d'amour l'ont faite plus souffrir qu'elle ne veut l'admettre. Entre souvenirs et vieilles rancœurs, les différents récits de ces personnages plus fantasques les uns que les autres ne se superposent pas racontant chacun une femme différente. 

L'auteure décrit bien l'ambivalence des sentiments de Nuria, sa honte de détester sa mère morte, sa honte de n'éprouver aucune émotion, sa sidération devant le nombre de personnes présentes à la cérémonie "Je ne comprends pas qu'elle ait su se faire aimer de tant de gens, et qu'elle n'ait jamais essayé de se faire aimer de moi", sa colère envers cette femme qui ne lui a jamais montré qui elle était vraiment.

Comment se construire sans l'amour d'une mère ? Cette question et celle de la quête des origines sont les points centraux de ce premier roman audacieux porté par une plume alerte. 

 

Sur cultura.com

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5 Réponses 5
‎18-08-2023 11:53

Re: L'Indésir de Joséphine Tassy

@JG69 Un roman pour moi ! Je le note. Smiley très heureux

‎18-08-2023 14:18

Re: L'Indésir de Joséphine Tassy

Je le note @JG69, intéressant le thème !

‎19-08-2023 12:42

Re: L'Indésir de Joséphine Tassy

@JG69  Merci pour cette découverte. Comme @CharlotteV et @clo73 , je le note.

‎29-08-2023 10:30

Re: L'Indésir de Joséphine Tassy

@JG69 @MAPATOU @CharlotteV @clo73 

 

Belle découverte aussi pour moi: une nouvelle plume à suivre 

Mon avis : 

 

Nuria vient de recevoir un message laconique de Maja sa grand mère. Pour lui dire que sa mère est morte. Mais la jeune femme ne semble pas affectée. 

 

« j'oublie que ma mère est morte et je suis de bonne humeur. On l'enterre tout à l'heure. C'est pour ça que Jeanne, qui se couche avec les poules, m'a prévenu si tard. Elle venait elle-même de l'apprendre. C'est terrible de se sentir bien le jour de l'enterrement de sa mère. »

 

Consciente de l’inadéquation de son ressenti émotionnel, elle se cherche des raisons. Les trouvera-t-elle lors de la cérémonie de crémation ? Les personnes présentes, plus nombreuses qu’elle ne l’aurait imaginé, pourront-elles lui donner les clés de compréhension de cette mère lointaine et évanescente ?

 

Dans cette quête, Abel sera à ses côtés. Rencontré la veille lors d’une soirée festive, il semble s’accrocher à les jeune femme, conscient pourtant de la distance affective dont Nuria fait part dans toutes ses relations. Comme sa mère ? 

 

Le sujet du roman prend la contre-partie d’un thème beaucoup plus fréquemment traité : la dépendance affective est à mille lieues de ce que peut ressentir cette héroïne démunie d’émotions. 

 

Mais c’est aussi une quête des origines et une interrogation sur une malédiction qui a tendance à se propager selon les critères d’un raisonnement panglossien, argumentation à rebours vers une cause possible parmi d’autres. 

 

Dans un style moderne et vivant, L’indésir est un premier roman et une belle découverte 

 

390 pages Iconoclaste 17 Août 2023

 

‎20-10-2023 16:10

Re: L'Indésir de Joséphine Tassy

Bonjour à tous j'ajoute mon avis au post de @JG69 , @Kittiwake 

 

 @MAPATOU , @CharlotteV , @clo73  je vous mentionne comme vous avez commenté ce sujet. 😘

 

 

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Ce matin, Nuria s'est réveillée avec une impression d'hier.
Dans la nuit, son téléphone a sonné : sa mère est morte. Elle ne ressent rien, aucun chagrin pour cette étrangère qu'elle n'a pas vue depuis huit ans. Avec Abel, un garçon croisé en boîte, elle part à la rencontre des drôles d'individus qui ont connu sa mère. Nuria cherche des réponses sans poser de questions. Sauf une, qu'elle garde pour elle. Le souvenir de cette femme qui n'a jamais voulu d'elle la renvoie à l'indésir qui lui colle à la peau.

 

 

Sur cultura.com édition l'Iconoclaste. 

 

Un premier roman étonnant comme son style d'écriture, philosophique, poétique, simple et épurée. Deuil, Quête identitaire, vide affective, famille, une réflexion à contre pied sur les livres sur le même thème. Écriture original, franc parlé, langage familier et cash, dialogue percutant et vif. Une narratrice dont ont a du mal à s'attacher. 

 

"Je souris de réapprendre en regardant ces deux couillons qu’ être enfant, être parent, ce n'est pas une histoire de goûters en rentrant de l'école, de souvenirs à la plage en été, de mots d'amour, ce n'est même pas une histoire de claques qui échappent, de devoirs pas finis, de déjeuners trop longs où tout le monde s'ennuie. Je souris d'eux qui m'apprennent par accident qu'aimer c'est s'en vouloir, et encore en vouloir"

 

"Tu es jalouse d'une vie que tu aurais pu avoir, si tu l'avais choisie. Faut se méfier des dé- sirs ignorés. Ils reviennent te [modéré] des claques déguisés en rancoeur."

 

Joséphine Tassy

 

Parisienne d’origine marseillaise et martiniquaise, elle voyage, aime étudier selon ses envies, aussi bien les politiques publiques que le swahili, l’histoire de l’art, la finance, les sciences cognitives.

Chercheuse en économie du développement. L'indésir est son premier roman. 

 

 

 


La lecture et les créations sont les meilleurs remèdes contre la morosité.
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