La patience des traces de Jeanne Benameur

‎27-03-2022 20:17

La patience des traces de Jeanne Benameur

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La patience des traces

 

 

Dans ce court et beau livre nous suivons Simon, un psychanalyste de profession. Il vient de laisser partir son tout dernier patient. Il a passé sa vie à écouter les autres, au risque de faire taire sa propre histoire. À la faveur d'une brèche dans son quotidien - un bol cassé - vient le temps du rendez-vous avec lui-même.
C’est une lecture où il faut prendre son temps pour se laisser bercé par la poésie, la douceur et l’élégance de la plume de Jeanne Benameur. L’Ambiance dans laquelle on voyage est particulière, on assiste en douceur à la quête existentielle de Simon. On le suit dans son introspection et sa délivrance.

 

https://www.cultura.com/p-la-patience-des-traces-9782330159856.html 

3 Réponses 3
‎28-03-2022 12:24

Re: La patience des traces de Jeanne Benameur

Merci pour la découverte @lenap. J'entends toujours beaucoup de bien de Jeanne Benameur.

‎29-03-2022 19:24

Re: La patience des traces de Jeanne Benameur

@lenap @LeaCultura il y a dans le club de lecture que j'anime plusieurs grandes fans de Jeanne Benameur. Mais ce dernier roman a été beaucoup moins apprécié que les précédents. 

‎16-05-2022 15:42

Re: La patience des traces de Jeanne Benameur

Un beau coup de cœur pour moi, comme souvent avec Jeanne Benameur 

 

Voici mon avis : https://leslivresdejoelle.blogspot.com/2022/05/la-patience-des-traces-de-jeanne.html

 

J'ai beaucoup aimé les personnages d'Akiko et Daisuke, leur sagesse, leur extrême bienveillance, leur rapport à la matière, elle qui collectionne les tissus japonais anciens, lui qui répare la céramique brisée par la technique ancestrale du kintsugi qui, avec une laque d'or, magnifie la brisure au lieu de la cacher, tout un symbole... Ce roman est d'ailleurs rempli de symboles, la matière, les objets, les sensations, les silences "Le silence permet de marcher dans sa tête sans crainte" y tiennent beaucoup de place. 

J'ai aimé la façon dont Daisuke et Simon se comprennent sans parler la même langue, ils s'apprivoisent peu à peu et une amitié nait alors qu'ils ne se comprennent qu'aux rythmes de leurs voix, à leurs silences. On ressent la paix infinie que Simon éprouve à être là auprès de ses hôtes si bienveillants mais aussi la vulnérabilité qu'il ressent à ne plus être à l'abri dans son cabinet d'analyste. 

Ce roman contient de magnifiques passages sur le métier de psychanalyste "Le travail l'a toujours sauvé. Chaque jour laisser derrière lui, comme une ombre familière, sa propre vie. Écouter. Avancer avec ceux qui lui faisaient cette confiance extraordinaire de venir dans son cabinet, de parler ou de se taire.... Sentir qu’un patient commence à se dépouiller des faux-semblants, c’est quelque chose. On entre dans sa propre histoire, pieds nus, toujours. Lui, il a été là pour ça. Humblement. Juste être là et accompagner la joie l’inquiétude la souffrance… Tout le panel. Garder courage. Parfois guider d’un mot, rarement une phrase. Et toujours de séance en séance, sa présence tenue, garante que tout cela a bien lieu. Il masse ses reins d’un geste familier. La douleur du dos pour lui rappeler qu’il est resté assis bien trop d’années, immobile. Il n’aurait jamais pu faire autre chose ».

Un livre de silences et de rencontres très poétique, un livre pour raconter un voyage intérieur. Un texte un peu contemplatif au rythme doux et lent, avec très peu de dialogues fondus dans le texte. Une ode à la culture ancestrale et à l'art de vivre des japonais. Une réflexion brillante et une écriture lumineuse.