Le silence des horizons de Beyrouk

‎22-05-2022 09:12

Le silence des horizons de Beyrouk

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Il est le fils de l’homme qui a tué le Cheikh. Issu d’une tribu mauritanienne de poètes et de pillards, il est devenu à son tour un assassin. Remariée à un homme riche, sa mère a pourtant tout fait pour le préserver de cet atavisme ancestral.

Alors que celle qu’il aime l’a abandonné, et rongé par le remord de son terrible acte, il quitte sa vie d’oisiveté pour accompagner dans un périple saharien, son ami Sidi, guide pour touristes.

Dans sa quête de rédemption, il va marcher sur les traces de son père qu’il n’a pas connu et découvrir l’homme intègre et épris de liberté qu’il était.

Et par cette recherche sur lui-même et sur ses origines, au milieu d’un désert grandiose et tout puissant, le jeune homme va retrouver ses racines et se révéler poète et conteur, comme l’étaient ses ancêtres.

Romanesque, poétique et chimérique, ce court roman superbement écrit m’a entraînée aux confins du désert, à travers des villes fantômes aux glorieux passés, dans des lieux soufflés par le vent et balayés par le sable, où la civilisation s’est depuis bien longtemps perdue.

Un très beau voyage et une lecture envoûtante.

 

Roman en lice pour le Prix Orange du Livre en Afrique 2022.

 

Le silence des horizons sur Cultura 

2 Réponses 2
il y a un mois

Re: Le silence des horizons de Beyrouk

Merci pour cet avis @IsaPouteau 

dimanche

Re: Le silence des horizons de Beyrouk

Mon retour sur ce roman :

 

Cœur CœurCœurCœur

 

 

Je remercie le site lecteurs.com et les Editions Elyzad de m’avoir permis de découvrir ce roman qui faisait partie des 6 finalistes du Prix Orange du Livre Afrique.

 

Avant même de parler du roman, je voudrais dire à quel point la maison d’édition Elyzad, créée en 2005 par Elisabeth Daldoul à Tunis fait un remarquable travail, tant par la qualité des textes publiés que par la beauté des couvertures des livres.

 

L’auteur, Beyrouk, est un écrivain mauritanien réputé dans son pays. Je le découvre avec ce roman.

 

En astronomie, le nadir est l’opposé du zénith. C’est peut-être pour cette raison que le personnage principal du roman a été prénommé ainsi. En effet, Nadir est le fils d’un guide, accusé d’avoir laissé mourir de soif dans le désert un Cheick réputé. Son père est d’ailleurs mort en prison.

 

L’ombre de la faute commise par son géniteur pèse sur la vie du jeune homme. Il vaut mieux pour lui ne pas trop se faire remarquer. D’ailleurs, à la demande de sa mère, il porte le patronyme de son beau-père.

 

Mais le destin parfois joue des tours aux pauvres humains : Nadir rencontre la fille du Cheick sur la plage. Alors que celle-ci lui parle, une colère incontrôlable saisit le jeune homme qui ne peut s’empêcher de porter ses mains autour de son cou et de serrer de toutes ses forces.

 

Persuadé d’avoir commis à son tour un crime, Nadir va rejoindre dans le désert son ami Sidi qui accompagne des touristes dans le Sahara. Là, au milieu de cette immensité désertique, il va réfléchir à sa vie, à son acte. Pendant plusieurs jours, des questions vont affluer : son père était-il réellement coupable du crime dont on l’a accusé ? Un fils voit-il son destin forcément prendre le même chemin que son père ?

 

Des questions philosophiques importantes, entrecoupées de réflexions sur la beauté des paysages qui l’entourent. Ses nuits sont hantées par les images de ce qu’il a fait. Et même si parfois il est tenté de disparaître dans le désert, Nadir sait bien qu’il va aller se dénoncer à la police et avoir le courage de payer pour son acte.

 

 

 » Les ombres commencent à habiter les terres, elles se vengent des blancheurs du jour en jetant des burnous noirs sur la nature et les gens, des nuages stériles bâillonnent les étoiles, la nuit domine déjà l’univers, les dunes sont devenues des montagnes sombres qui n’ont pas de crêtes ni de flancs, les arbustes des monstres immobiles prêts à avaler toute présence, les grillons chantent les douleurs de la nuit, et les blatèrements lointains de chameaux harassés dessinent les angoisses à venir. »

 

Une écriture forte pour une histoire qui pousse le lecteur à la réflexion. Une découverte de villes oubliées depuis la disparition des caravanes, la beauté du désert. J’ai tout aimé de ce roman.