Les Salauds Gentilshommes (1) : Les mensonges de Locke Lamora, Scott Lynch

‎02-11-2016 12:47

Les Salauds Gentilshommes (1) : Les mensonges de Locke Lamora, Scott Lynch

Les Salauds Gentilshommes 1.jpg

 

On l'appelle la Ronce de Camorr. Un bretteur invincible, un maître voleur. La moitié de la ville le prend pour le héros des miséreux. L'autre moitié pense qu'il n'est qu'un mythe. Les deux moitiés n'ont pas tort. En effet, de corpulence modeste et sachant à peine manier l'épée, Locke Lamora est, à son grand dam, la fameuse Ronce. Les rumeurs sur ses exploits sont en fait des escroqueries de la pire espèce, et lorsque Locke vole aux riches, les pauvres n'en voient pas le moindre sou. 
Il garde tous ses gains pour lui et sa bande : les Salauds Gentilshommes.
C'est en ouvrant L'Ange de la Nuit de Brent Weeks que j'ai découvert le nom de Scott Lynch pour la première fois. Le baratin promo de la quatrième de couverture plaçait Weeks quelque part entre Scott Lynch et Robin Hobb ; je ne pouvais décemment pas passer à côté d'une telle lecture. Grand bien m'a pris puisque j'ai beaucoup aimé Les mensonges de Locke Lamora, et je vais sans nul doute casser ma tirelire pour continuer la saga.
 
C'est une œuvre de fantasy riche et originale qui attend tout lecteur qui osera se plonger dans ce pavé de presque 600 pages. L'univers qu'il y découvre a ses propres règles, sa propre ambiance et se démarque clairement d'autres ouvrages où l'on sent planer l'ombre des plus grands (Tolkien, pour ne citer que lui). La réussite tient en grande partie à la cité de Camorr dans laquelle se déroule l'action : loin de n'être qu'un décor, elle joue le rôle d'un personnage à part entière, qui façonne les esprits et les corps de ses habitants. Où d'autre qu'à Camorr pouvait naître le chétif Locke Lamora, promis à un destin aussi épineux que brillant ?
 
La cité se rapproche part bien des côtés de Venise, et la culture italienne teinte de façon plus générale l'ensemble du récit. On se croirait un jour de Carnaval où, sous les masques, tout le monde joue double et titre des ficelles - qui n'ont pas toujours les résultats escomptés.
 
Le corps du récit relate la dernière magouille de Locke Lamora et de sa bande, composée comme lui d'orphelins récupérés par le vieux père Chains, un "prêtre" véreux qui nourrit de grandes ambitions pour ses petits protégés. La cible : un couple de riche bourgeois aussi avide d'argent que de pouvoir. Mais tout déraille petit à petit, et Locke se met jusqu'au coup dans les ennuis. Il a plutôt l'habitude, remarquez, mais cette fois-ci la situation semble sacrément insoluble. Et c'est d'ailleurs la réflexion qui m'a accompagnée tout au long de ma lecture : "mais comment l'auteur va-t-il faire pour sortir son personnage d'une **bleep** pareille ?" La réponse : avec une bonne dose d'imagination et un talent certain. La solution, toujours culottée, arrive à point nommé sans nous donner un seul instant l'impression que Scott Lynch choisit la facilité ou distord le récit pour se tirer d'un méchant pas.
 
En filigrane, on découvre les jeunes années du petit Locke, déjà talentueux et tête brûlée. Le tout s'avale beaucoup plus vite qu'on ne pensait, grâce à un style très agréable et enlevé. On rit autant qu'on s'émeut à la lecture des aventures de ces bien nommés Salauds Gentilshommes, car il est question de vol et de banditisme, mais aussi d'honneur, d'amitié et de loyauté. Ce premier tome peut constituer une histoire complète, mais il est certain que je mettrai mon nez dans la suite des exploits de Locke Lamora !

 

Je le veux !

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Cultura Auxerre
3 Réponses 3
‎12-09-2023 18:59

Re: Les Salauds Gentilshommes (1) : Les mensonges de Locke Lamora, Scott Lynch

locke.jpg

Entre Oliver Twist, Il était une fois en Amérique et Arsène Lupin,

les aventures d'un audacieux criminel et de sa bande de fripouilles !

 

On l'appelle la Ronce de Camorr.

Un bretteur invincible, un maître voleur.

La moitié de la ville le prend pour le héros des miséreux. L'autre moitié pense qu'il n'est qu'un mythe. Les deux moitiés n'ont pas tort.

En effet, de corpulence modeste et sachant à peine manier l'épée, Locke Lamora est, à son grand dam, la fameuse Ronce. Les rumeurs sur ses exploits sont en fait des escroqueries de la pire espèce, et lorsque Locke vole aux riches, les pauvres n'en voient pas le moindre sou. Il garde tous ses gains pour lui et sa bande : les Salauds Gentilshommes.

 

Mais voilà qu'une mystérieuse menace plane sur l'ancienne cité de Camorr. Une guerre clandestine risque de ravager les bas-fonds.

Pris dans un jeu meurtrier, Locke et ses amis verront leur ruse et leur loyauté mises à rude épreuve.

Rester en vie serait déjà une victoire ….

 

Scott Lynch est né aux États-Unis en 1978.

Ce premier roman est un coup de maître : meilleur lancement d'un nouvel auteur de Fantasy en Grande-Bretagne depuis des décennies, unanimement salué par la presse comme une découverte exceptionnelle.

Traduit dans plus de 14 langues, les droits ont été achetés par la Warner Bros pour une adaptation cinématographique... mais à ce jour, sauf erreur, aucun tournage n'a encore débuté alors que le premier tome est sorti aux États-Unis en 2006 et en France l'année suivante.

 

C'est en voyant le tome 3 récemment réédité en format poche que j'ai décidé de reprendre cette saga qui n'est pas récente !

A ce jour, 3 tomes sont sortis en France, le quatrième est toujours en attente.... mais rassurez-vous, même s'il est préférable de les lire dans l'ordre, chaque tome a sa propre intrigue, seuls le fond et les personnages évoluent....

 

Dans ce premier tome, deux histoires s'entrecroisent, celle de Locke jeune et celle d'aujourd'hui, pour n'en faire qu'une. L'auteur a su habilement mêler présent et passé afin de construire l'univers dans lequel on navigue.

 

Dès les premières pages, on est happé par l'histoire pleine de rebondissements. Pas de temps morts, le lecteur n'a pas le temps de s'ennuyer...

Un roman pour les amateurs de cape et d’épées, de fantasy à l'humour grinçant et caustique, le lecteur s'attache très vite aux personnages que l'on voit grandir et évoluer dans un monde où seule la morale d'un voyou compte...

Quant au décor, les canaux serpentant la ville, on se croirait à Venise mais dans des temps médiévaux...

 

Si les voyous et truands de la ville vivent au rythme des règles établies par Capa Barsavi à qui ils payent un tribut, les Salauds Gentilshommes sont une bande d'arnaqueurs, des maîtres en manipulation, mais aussi en infiltration tant leurs déguisements sont crédibles....

Ils nous entraînent avec eux. On ressent de la sympathie pour Locke et ses compagnons qui sont d'une ruse incroyable. Locke est plus qu'un arnaqueur, Locke est un fin stratège pour qui j'ai presque une certaine admiration tant c'est bien pensé.

 

Un univers Dark Fantasy très bien construit qui nous happe dès les premières pages,

Des personnages attachants

Des mystères que l'on aimerait lever...

 

Un premier roman à découvrir ou re-découvrir  CœurCœurCœurCœurCœur

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‎13-09-2023 08:34

Re: Les Salauds Gentilshommes (1) : Les mensonges de Locke Lamora, Scott Lynch

J'avais déjà noté ce roman Fantasy dans un coin de mon cerveau @sandryon , alors merci pour ce post qui me permet de me le remettre en tête.

Tu parles de Dark Fantasy, que j'aime un peu moins (trop sombre, trop pessimiste). Du coup, "Les salauds gentilhommes" sont plus Dark que les écrits de Joe Abercrombie (par exemple), ou pas?

‎13-09-2023 10:11

Re: Les Salauds Gentilshommes (1) : Les mensonges de Locke Lamora, Scott Lynch

@soff78  non différent de l'univers de Abercombrie ! 

Dark Fantasy pour la trame de fonds car nous sommes du côté du "mal"... des enfants orphelins qui sont voués à être acheter pour devenir soit des esclaves, soit des apprentis voleurs. Et des scènes qui peuvent peut-être choquer certains personnes par le cru et le brutal...

Nous sommes dans un monde sombre où la violence règne mais surtout nous sommes du côté des "méchants", donc nous évoluons au gré de leurs règles.... soit tu te plies aux règles établies soit tu meurs (même si tu n'as que 5 ou 10 ans !)....

C'est en cela que je décris le côté sombre....  c'est juste le contexte, la trame de fonds, l'univers dans lequel les personnages évoluent et les façonne ...

 

Mais pour être honnête, dans ce premier tome,  j'ai totalement occulté cette partie et les scènes sombres, et je me suis délectée de voir Locke grandir et découvrir son ingéniosité....

Pour ma part, je me suis beaucoup amusé, souri et malgré que l'on soit du mauvais côté, on aime Locke et sa bande ! On se prend au jeu, même si c'est mal...Smiley clignant de l'œil

 

 

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