rentrée littéraire : Histoire du fils de Marie Hélène Lafon

‎24-08-2020 10:47

rentrée littéraire : Histoire du fils de Marie Hélène Lafon

Bonjour la communauté, 

je continue les lectures et retours sur cette rentrée littéraire. Voici ma chronique sur le roman de Marie Hélène Lafon : https://dubonheurdelire.wordpress.com/2020/08/23/histoire-du-fils-de-marie-helene-lafon-une-histoire...

 

"Le fils, c'est André. Le père, c'est l'Absent. La mère, c'est Gabrielle. Mais André est élevé par Hélène, la soeur de Gabrielle, et son mari. Il grandit au milieu de ses cousines.
Chaque été, il retrouve sa mère biologique qui vient passer ses vacances en famille.
De Saint-Céré dans le Lot en passant par Chanterelle et Aurillac jusqu'à Paris, Marie-Hélène Lafon nous transporte à nouveau au coeur d'une famille. Elle décrypte aussi bien ses bonheurs ordinaires que le poids du manque le plus profond, celui qui creuse des galeries dans les vies, sous les silences.
André n'a de cesse de mendier le père, de cerner les contours de son absence, d'attendre, de guetter, de laisser le temps s'étirer, de se cogner à l'urgence, de composer un portrait en indices et de comprendre en creux qui il a été : un avare du coeur, plein de lui-même, pétri de morgue, étroit, mesquin, beau et aimé par les femmes." 

 

https://www.cultura.com/histoire-du-fils-9782283032800.html

 

Bleu
Cultura Balma
3 Réponses 3
‎08-10-2020 10:00

Histoire du fils Marie-Hélène Lafon

Histoire du fils ⭐️⭐️⭐️⭐️

 

Marie-Hélène Lafon 

 

 


 

 André, le fils. Pas de père, mais deux mères : celle qui l’a conçu, la Parisienne, une femme libre et à contre-courant des idées politiquement correctes de l’époque  où elle s’épanouit, et celle qui l’élève, qu’il appelle maman, au coeur de la Dordogne, berceau de la famille. 

L’enfant est heureux ainsi, et lorsque le temps viendra pour lui de devenir père, la quête avortée de ses origines ne l’empêchera pas de suivre son chemin. C’est son fils Antoine qui tentera des années plus tard de faire la lumière autour de ce père évanescent.

 

La chronologie est malmenée, les personnages sont nombreux, et si j’ai apprécié la douceur de l’écriture, comme toujours avec Marie-Hélène Lafon, j’ai eu le sentiment de me trouver plonger au coeur d’une fête familiale, comme lorsque l’on est présenté à une future belle-famille et que l’on soit faire des efforts désespérés pour mettre les prénoms sur les visages et reconstituer  l’arbre généalogique de l’assemblée!

 

J’ai beaucoup aimé le fond de l’histoire, la délicatesse du texte qui traverse avec élégance une bonne partie du vingtième siècle, mais j’ai été un peu perturbée par la déstructuration temporelle et l’abondance des personnages.  

 

 Citations

 
Les pieds nus d’Armand glissent sur le parquet ; il ne veut pas réveiller Paul qui dort encore et fait son petit bruit de lèvres dégoûtant, comme un chiot quand il tète. Il va attendre un peu, mais pas trop longtemps, il ne faut pas que Paul se réveille, il gâcherait la fête des retrouvailles, Paul gâche tout. Paul et lui sont nés le même jour, le 2 août 1903 ; il sait, par sa mère et par sa tante, qu’il n’y avait jamais eu de jumeaux dans les deux familles avant eux. 
 
*
 
On était à l’étude. Il frottait ses pieds l’un contre l’autre sous le pupitre ; il avait toujours les pieds froids, même si sa mère glissait dans sa valise de courts chaussons de laine fine, gris ou noirs, qu’elle tricotait pour lui, là-haut, l’hiver, à Chanterelle. Le matin, au dortoir, il les enfilait discrètement sous ses chaussettes, ils étaient très ajustés, et doux sur la peau. On ne devait pas savoir, au lycée, que Paul Lachalme craignait le froid aux pieds et portait des chaussons tricotés par sa mère. Il avait un rang à tenir. Ils étaient une poignée, quatre ou cinq, à n’avoir pas cessé, toute l’année précédente, de clamer, proclamer et déclamer, avec lui, dans son sillage, leur hâte d’en être, d’avoir seize ans, enfin, pour s’engager, tenter au moins de le faire, et partir, quitter cette honte molle de l’arrière où les femmes, les enfants, les vieillards, les estropiés, les demi-portions et les planqués attendaient, poussant l’ordinaire des jours tranquilles avec leur ventre, tandis que les hommes vivaient ailleurs, et mouraient, au-dessus d’eux-mêmes. 
 
*
 
La demie de cinq heures sonne. On a fait dire une messe pour Gabrielle parce que c’est l’usage ; on a marmonné quelques cantiques et des prières tièdes. L’homélie fut molle, une enfant du pays, restée fidèle au pays, rappelée par le Seigneur, accompagnée par les siens jusqu’à sa dernière demeure. L’ordinaire litanie des poncifs a glissé sur André, il n’a pas prié, il ne prie pas ; à quoi, à qui Gabrielle a-t-elle été fidèle, à elle-même, à ses plaisirs, à ses secrets. 
 

 

‎23-04-2021 20:46

Re: rentrée littéraire : Histoire du fils de Marie Hélène Lafon

 

Découverte pour moi de cette autrice qui physiquement me fait penser à Bernadette Chirac jeune.

 

Coup de coeur pour son écriture, sa langue.

 

« Histoire du fils » c’est celle d’André, dont la mère Gabrielle a confié l’éducation à sa soeur Hélène qui vit avec son mari et ses filles dans la maison familiale à Figeac, dans le Lot.

 

Gabrielle vit à Paris, ne s’est jamais mariée et ne voit son fils que 3 semaines l’été. Autant dire que pour André, sa mère est une étrangère. Quant à son père, il ignore tout de lui, sa mère ne lui en ayant jamais parlé.

 

Mais viendra bien un jour où André trouvera peut-être le courage de partir à la découverte de ses origines.

 

Une histoire de filiation, de famille qui pourrait être tristement banale. Mais Marie-Hélène LAFON entoure le personnage d’André d’un cocon d’amour tissé par sa tante, son oncle et ses cousines. Un cocon dont on aimerait qu’il protège tous les enfants vivant la même situation.

 

Dans le même temps, elle soulève l’importance de connaître ses origines et les influences de la psychogénéalogie.

‎21-02-2022 11:22

Re: rentrée littéraire : Histoire du fils de Marie Hélène Lafon

Marie Hélène Lafon campe un personnage fort au travers un siècle d'histoire, l'autrice va figé une époque en fixant des paysages. Marie Hélène Lafon va à l'essentiel tout en racontant beaucoup. Ma note 3,6Cœur/5

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