Betty de Tiffany McDaniel

Betty de Tiffany McDaniel

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Betty est un roman dans lequel on se plonge avec délectation. Qu'il s'agisse de l'écriture, de l'histoire, des émotions ou des personnages tout est là pour vous plaire. Il fait partie de ces livres que l'on ne veut pas finir car on souhaite passer encore un peu de temps avec les protagonistes. Mon gros coup de cœur de cette rentrée pour la littérature étrangère.

Lisez-le, vous comprendrez ! 

 

Découvrez Betty sur Cultura.com.

 

Cultura Saint Maximin
9 Réponses 9

Re: Betty de Tiffany McDaniel

Bonjour @Cécile-Creil 

Cette histoire me touche beaucoup, elle me fait penser à "Là où chantent les écrevisses" de Delia Owens.

Merci pour cette découverte.

Betty Tiffany McDaniel

Betty ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️

 

Tiffany McDaniel

 

Betty est-il le roman qu’il faut avoir lu en cette rentrée littéraire de l’automne 2020?

 

L’histoire se déroule sur près d'un siècle, dans le sud de l’Ohio. Celle que son père appelle Petite indienne revient sur le passé de ses parents, son père Landon, né au début du siècle, héritier d’une lignée maudite, celle des Cherokees, qui savent fabriquer de la peinture rouge et parler des feux sacrés. Cette richesse culturelle est cependant un fardeau dans cette Amérique qui n’accorde de crédit qu’aux blancs, aux voleurs de terre. 

L’histoire de la mère est plus dramatique encore, et c’est la rencontre avec Landon qui la sauvera des griffes d’une famille abjecte.

Betty complètera le tableau familial tout en racontant sa propre enfance, que sa couleur de peau désignera irrémédiablement comme l’exclue, la maudite. 

 

C’est un long roman, qui s’attache à retracer le destin, souvent écourté,  des nombreux personnages de la famille, dans cette maison que la majorité des habitants de Hampstead considèrent comme maudite. Et on aurait tendance à les croire, si l’on considère le nombre de survivants à la fin du récit!

 

Long roman donc, et pourtant -, malgré la noirceur (certains ont pu le comparer à My absolute Darling), la lecture n’est pas complexe et se fait avec facilité. 

 

L’écriture est très belle, dans la lignée des plus beaux romans de nature-writing et c’est sans doute ce qui contribue à son charme .

 

Bel exemple de ce que la littérature américaine peut nous apporter de meilleur, dans la qualité de l’écriture et le soutien de valeurs humaines primordiales.

 

CITATIONS
 
 
Devenir femme, c'est affronter le couteau. C'est apprendre à supporter le tranchant de la lame et les blessures. Apprendre à saigner. Et malgré les cicatrices, faire en sorte de rester belle et d'avoir les genoux assez solides pour passer la serpillière dans la cuisine tous les samedis. Ou bien on se perd, ou bien on se trouve. Ces vérités peuvent s'affronter à l'infini. Et qu'est-ce que l'infini  sinon un serment confus ?
 
*
 
Je croyais que le Grand Créateur avait expédié ses écrivains sur la lune, porté par les ailes d'oiseaux- tonnerre, il leur avait dit de m'écrire un père. Des écrivains tels que Mary Shelley, qui avait donné à mon père une compréhension gothique pour la tendresse de tous les monstres.
Agatha Christie avait créé le mystère qui habitait mon père et Edgar Allan Poe avait conçu pour lui il obscurité de manière à ce qu'il puisse s'élever jusqu'au vol du corbeau. William Shakespeare avait écrit pour lui un cœur de Roméo en même tant que Suzanne Fenimore Cooper lui avait imaginé une proximité avec la nature et le désir de paradis retrouvé. Émilie Dickinson avait partagé sa sensibilité de poète pour que mon père sache que le texte est le plus sacré celui dans la façon dont les êtres humains riment ou ne riment pas les uns avec les autres. Laissons  à John Steinbeck le soin de mettre dans le cœur de mon père une boussole afin qu'il puisse toujours vérifier qu'il était bien à l'est d'Eden et légèrement au-dessus du paradis.
 
*
Comme la veille, je l'ai trouvé assise toute nue au bord de son lit. Sans s'apercevoir de ma présence, elle a continué à se masser les jambes, les veines bleu-vert roulant sous sa peau. La vue de son corps ne m'a pas fait aussi peur cette fois. Dans les plis et les rides, c'était son histoire que je voyais. Sa peau était le journal intime de son âme. Tous les printemps où elle avait observé les fleurs s'épanouir. Les étés où elle était resté sous la lune et avait embrassé son visage. Les automnes où elle était devenu plus sage. Les hiver qui Les Les hivers qui avait gelé  les initiales de son nom. Chaque ride était la trace de tout cela et témoignait de chaque heure, de chaque minute et de chaque seconde qu'elle avait vécu. Tous ses secrets était inscrits sur sa peau. Les choses pour lesquelles elle avait imploré Dieu, les choses pour lesquelles elle avait maudit le diable. Mais dans toute cette vieillesse je ne voyais que de la beauté.

 

Re: Betty Tiffany McDaniel

Bonjour @Kittiwake 

De nombreux avis circulent sur le Forum, dans les journaux et ailleurs. Tous sont unanimes pour dire que ce roman est vraiment à lire.

Je l'ai noté dans ma PAL.

Re: Betty Tiffany McDaniel

Bonjour @Kittiwake ! Un grand merci pour ce coup de coeur ! Comme dit par @soff78 il existe déjà un avis sur le forum à propos de ce livre. Je me permets donc de déplacer le vôtre sous celui déjà existant afin de continuer tous ensemble la conversation. A très vite

Re: Betty Tiffany McDaniel

Merci Julie

Je m’approprie peu à peu le fonctionnement du site, désolée pour mes tâtonnements 

Re: Betty Tiffany McDaniel

Aucun souci @Kittiwake !N'hésitez pas à nous demander si vous avez un problème ou une question. Et surtout, bienvenue par ici !Smiley heureux

Re: Betty de Tiffany McDaniel

@Cécile-Creil et @Kittiwake merci pour vos retour sur ce livre ! 

Il était d'ailleurs présent dans notre sélection "Coup de coeurs de la rentrée littéraire étrangère"! Je vous invite à (re)découvrir cet article : vous pouvez déposer un petit commentaire sur Betty d'ailleurs ! 

Et cette sélection vous apportera peut être d'autres idées de livres à ajouter sur vos PAL ! 

Re: Betty de Tiffany McDaniel

Que d’émotions dans ce superbe roman de Tiffany McDaniel !

Dans les années soixante, la famille Carpenter arrive à Breathed au Sud de l’Ohio pour s’y installer, après avoir vécu sur les routes dans un long périple à travers tous les Etats-Unis. Les parents trouvent une maison abandonnée et décident d’y construire leur vie, au plus proche de la terre et de la nature.

Si Betty, la plus jeune des trois filles raconte leur histoire, c’est Landon, le père qui en est le centre. Car toute la famille tourne autour de lui, ce sage Cherokee qui n’est qu’amour et bonté et qui rayonne de la beauté des choses qui l’entourent.

 Il transmet sa sagesse indienne et sa passion des histoires à ses six enfants de sang mêlé et, en leur offrant une vision de la vie pleine de  sensibilité et de créativité, il fait d’eux des artistes, chacun à sa façon. 

Fraya est poétesse, Trustin peintre, Flossie veut devenir comédienne, Lint parle aux pierres et Betty, la Petite Indienne, écrit tout ce qu’elle pense sur des bouts de papier qu’elle enferme dans des bocaux, pour les enterrer dans le jardin de leur maison. Elle a tellement d’admiration pour son père qu’elle s’imagine être « la fille d’un dieu » et dit de lui qu’il est « un immense champ de fleurs sauvages à lui tout seul ».

Des enfants rêveurs et idéalistes mais vivant dans un monde empreint de violence et d’exclusion, où les femmes souffrent d’être femme, où les indiens sont rejetés pour leur couleur de peau et où ils auront tant de mal à trouver leur place.

Car les poètes ont bel et bien disparu depuis longtemps et le « cercle » qu’a créé Landon autour de sa famille n’apporte aux siens que peu d’armes pour survivre à l’adversité et les envoie vers un destin qui ne peut être que tragique.

Une réflexion profonde sur l’éducation et la transmission des valeurs mais aussi sur la fatalité de l’atavisme, qui va bien au-delà d’une simple saga familiale.

La magnifique écriture de l’auteure m’a transportée dans cette famille hors norme, fragile et menacée, que j’aurais aimé avoir connue et que j’aurais voulu préserver de toute la laideur du monde.

Un roman d’une extrême sensibilité et des personnages si attachants qu’on est à la fois rempli de joie d’avoir partagé quelques années de leur vie mais également désespéré de les perdre en refermant le livre.

Un nouveau chef d’œuvre de la littérature américaine.

Re: Betty de Tiffany McDaniel

Tiffany McDaniel s’est inspirée de l’histoire de la vie de sa famille et en particulier de celle de sa mère, Betty.

La petite Betty naît au milieu des années 50 dans une famille atypique : sa mère est blanche, son père Cherokee. Les Carpenter s’installent dans la petite ville de Breathed, dans une maison abandonnée depuis longtemps, qu’ils vont devoir retaper, mais entourée d’un très grand jardin proche de la forêt.

Parmi sa grande fratrie, Betty est celle qui ressemble le plus physiquement à son père. Ce qui lui vaut des rebuffades et des remarques racistes quotidiennes de la part des autres enfants.

Betty partage avec son père l’amour de la nature, des plantes et des remèdes que l’on peut en tirer, ainsi que des légendes cherokee qu’il lui raconte. La « petite indienne », comme il la surnomme, en grandissant, va écrire les évènements, les deuils qui frappent sa famille, ainsi que les secrets les plus terribles et les plus sombres qui imprègnent, de façon inconsciente, les vies des enfants Carpenter.

Les récits qu’elle écrit sont ensuite enterrés dans des bocaux. Viendra le jour où, pour mettre fin à la « malédiction » de sa famille, Betty va faire éclater au grand jour la vérité, y puisant pour elle la force de la résilience.

J’ai particulièrement aimé la puissance de l’histoire racontée par Tiffany McDaniel. « Betty » est un magnifique roman.

Betty par McDaniel