Ce qu'il faut de nuit de Laurent Petitmangin

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Ce qu'il faut de nuit de Laurent Petitmangin

Un homme (Gillou) travaille a la SNCF dans un dépôt Lorrain, syndicaliste et élevant seul ses deux fils depuis le décès de son épouse. Il va découvrir que son aîné  Frédéric dit Fus est en relation avec des militants extrémistes ce qui explique pourquoi son fils était distant avec lui et son frère (Jeremy). Car la région est de plus en plus frappé par les fermeture industriel. 

Alors que Fus était un enfant plutôt volontaire et compréhensible en aidant son père pendant que sa mère souffrait de sa maladie après plusieurs années de chimiothérapie à l'hôpital Bon Secours . Ainsi père et fils protégé le plus jeune des deux enfants dans cette épreuve.

Le père se remettait en question voyant son fils changé.

Une histoire de deuil familiale, d'amour et de choix, au plus profond du cœur d'un homme devant élevé seul ses enfants en les protégeant. 

 

https://www.cultura.com/ce-qu-il-faut-de-nuit-9782358876797.html

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"Ce qu'il faut de nuit", coup de coeur de la rentrée

Bonjour la communauté 

 

retour sur un coup de coeur de la rentrée littéraire : 

https://dubonheurdelire.wordpress.com/2020/09/18/ce-quil-faut-de-nuit-de-laurent-petitmangin-rentree...

 

Dans ce premier roman, nous suivons le récit d’un père. C’est un homme simple, ouvrier à la SNCF, veuf, qui à la mort de sa femme continue tant bien que mal d’élever ses deux fils, Fus – un amateur de football – et Gillou, un gros nounours, en admiration devant son grand frère. Nous sommes dans l’Est de la France, une Lorraine ouvrière, touchée par la crise, comme beaucoup d’autres régions. Crise économique mais aussi crise politique car ce père, ouvrier engagé à gauche, ne retrouve plus les élans politiques dans la jeunesse actuelle. En dehors de Jérémy, un ancien copain de Fus, les gamins se désintéressent de la politique ou pire flirtent avec l’extrême droite. Père seul, un peu démuni face à ses garçons qui grandissent, il essaie de les conduire sur le bon chemin mais l’amour d’un père n’est parfois pas suffisant…

 

Couverture du livre « Ce qu'il faut de nuit » de Laurent Petitmangin aux éditions La Manufacture De Livres

 

https://www.cultura.com/ce-qu-il-faut-de-nuit-9782358876797.html

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Re: "Ce qu'il faut de nuit", coup de coeur de la rentrée

@dubonheurdelire merci pour cette chronique ! Saviez-vous que "Ce qu'il faut de nuit" est un des Talents Cultura 2020 ? J'ai eu la chance de rencontrer l'auteur sur Paris récemment et il parle de son livre avec à la fois beaucoup de force et de pudeur. Il invite à se poser des questions, à réfléchir : ce roman m'intrigue beaucoup, je suis sûre que je vais très prochainement le lire... 

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Re: "Ce qu'il faut de nuit", coup de coeur de la rentrée

@Sophie-Cultura j'ai vu qu'il fait partie des talents cultura 2020 et c'est amplement mérité ! 

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Ce qu'il faut de nuit de Laurent Petitmangin

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En Lorraine, un homme simple travaillant à la SNCF perd sa femme, "la moman" de deux bons fils. Un père qui se retrouve seul à devoir élever deux garçons : Fus et Gillou, le footeux et l'intellectuel.

Un père aimant, militant au parti socialiste, qui essaye de transmettre tant bien que mal ses valeurs. Mais, à l'adolescence, Fus se laisse entrainer par un groupe de jeunes du Front Nationale.

Tout bascule dans cette vie bien rangée, le père se détache de plus en plus de l'ainé, évite tout échange, tout contact, l'ambiance se dégrade de jour en jour. Sauf qu'au bout d'un moment, l'irréparable frappe, les vies chavirent, les destins sont bouleversés.

Toujours difficile de parler d'un roman qui bouscule, car "Ce qu'il faut de nuit" est une histoire poignante, qui vous prend aux tripes, faite de petits riens du quotidien. Laurent Petitmangin nous conduit au coeur même des relations entre un père et ses fils. Que c'est extrêmement bien écrit !

Comment ne pas être touché par ce père que l'auteur en fait, accompagnant le mieux qu'il le peut ses fils vers l'âge adulte après la perte tragique de sa femme.

Une histoire d'amour, une histoire de pardon, une histoire de sincérité, une histoire de faiblesse. C'est beau, c'est brut, c'est douloureux comme lumineux.

Un premier roman lu en apnée par la force des mots, plongée, plongée au coeur de ce trio. Une plume brillante qui traduit un certain réalisme de ces vies simples avec des scènes bouleversantes. Une véritable tragédie contemporaine au coeur de ma Lorraine qui ne laisse pas indifférent.

Laurent Petitmangin signe un premier roman fort, percutant, poétique sur l'amour paternel et les liens familiaux. Un roman social aussi douloureux que sublime, foncez !

 

Retrouvez Ce qu'il faut de nuit sur Cultura.com.

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Re: Ce qu'il faut de nuit - Laurent Petitmangin

Un roman coup de cœur pour un grand nombre de lecteurs, qui fait parti des Talents Cultura 2020 ! Merci pour votre avis @Lex_libris Smiley heureux

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Re: Ce qu'il faut de nuit - Laurent Petitmangin

Un vrai coup de coeur pour cette rentrée littéraire ! les premiers romans tiennent une bonne place ! 

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Re: Ce qu'il faut de nuit - Laurent Petitmangin

Effectivement, un grand nombre de très bon premier roman cette année Smiley heureux 

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Ce qu'il faut de nuit Laurent Petitmangin ♥️

Ce qu'il faut de nuit ♥️

 

Laurent Petitmangin 

 


 

 Sur le ton de la confidence, comme on s’épancherait sur l’épaule d’un vieil ami, devant un verre ou à la lueur d’un feu de cheminée, le narrateur nous conte son histoire, qui commence par le drame vécu après des mois d’allers et retours à l’hôpital, lorsque la maman s’en est allée. Le laissant seul avec deux bons petits gamins, Fus, le champion de foot et son petit frère. Il a fait ce qu’il a pu, organisant ses journées entre le boulot, l’école, la maison et le foot. Et pourtant  il n’a rien vu venir, avant que Fus n’arbore  à son cou un bandana orné d’un symbole funeste, un symbole inacceptable pour ce père qui croit de moins en moins mais encore quand même sur le fond, aux valeurs de la gauche. Le fossé se creuse entre lui et le fils passé à l’ennemi, jusqu’au drame.

 

 

C’est un récit bouleversant. La détresse de ce père qui assiste peu à peu à ce qu’il n’imaginait même pas un instant pour son gamin. La drogue, l’alcool, pourquoi pas, mais ça, c’est ce qui pouvait arriver de plus abominable. Et pourtant, l’amour qu’il éprouve pour lui est au-delà de cet affront. Prêt à le soutenir jusqu’au bout. 

L’écriture rend parfaitement le ressenti de ce père brisé, bafoué dans ses valeurs, écartelé entre son amour et ses convictions et malgré tout aimant. 

 

Lu en quelques heures sans pause, ni répit. Coup de coeur de cette rentrée.

 

Citations 

 

J'avais ressenti le besoin de retourner à la section comme
 d'autres celui de retrouver l'église. Même s'il ne s'est passait plus grand-chose, je me disais que je ferais partie des derniers. Ce qui me désolait, c'est que nous nous isolions de plus en plus. Elle était loin l'union de la gauche. Parfois j'avais l'impression que certains d'entre nous se dépensaient plus à casser les cocos que taper sur les nantis.
 
*
 
J'avais honte. Désormais on allait devoir vivre avec ça, c'était ce qui me gênait le plus. Quoi qu'on fasse, quoi qu'on veuille, c'était fait : mon fils avait fricoté avec des fachos. Et d'après ce que j'en avais compris, il y prenait plaisir. On était dans un sacré chantier. La moman pouvait être fière de moi. Fus avait fini par se lever et par dire : « ça ne change rien. »
 
*
 
Août, c'est le meilleur mois dans notre coin. La saison des mirabelles. La lumière vers les 17h est la plus belle qu'on peut voir de toute l'année. Dorée, puissante, sucrée et pourtant pleine de fraîcheur. Déjà pénétrée de l'automne, traversée de zestes de vert et de bleu. Cette lumière, c'est nous. Elle est belle, mais elle ne s'attarde pas, elle annonce déjà la suite. Elle contient en elle le moins bien, les jours qui vont rapidement se refroidir. il y a rarement des étés indiens en Lorraine.
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Ce qu'il faut de nuit de Laurent Petitmangin

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Il fut une époque où être de gauche était une évidence pour les ouvriers. Et lorsqu’aujourd’hui, les enfants de ces ouvriers engagés et souvent syndiqués choisissent l’extrême droite, c’est un choc incompréhensible pour eux, une insupportable insulte à leurs convictions.

Dans cette histoire qui aurait pu être ordinaire, un père élève seul ses deux fils depuis la mort de la « moman » et découvre avec stupéfaction l’extrémisme frontiste de Fus, son aîné.

Au-delà de la colère que cet ouvrier SNCF militant à la section locale du PS, n’arrive pas à accepter, il porte en lui la honte de n’avoir pas réussi à transmettre les valeurs auxquelles il tient tant, à ses propres enfants.

La vie des quartiers populaires en Lorraine est bercée par la camaraderie qu’ont soudée les luttes sociales et le nationalisme s’y est insinué sans que les anciens ne le voient venir.

C’est brut, sans concession et tellement authentique que l’on fait sienne cette famille de trois hommes que tout oppose et que l’avenir s’apprête à séparer irrémédiablement.

L’émotion est palpable et l’amour est là, sans le dire, sans le montrer. Le parler est aussi simple que les sentiments sont profonds.

Laurent PETITMANGIN a réussi, avec ce premier roman, un chef d’œuvre de sensibilité et Ce qu’il faut de nuit restera pour moi un des meilleurs romans de l’année.

Je vais avoir du mal à me remettre du choc émotionnel de ce livre que je n’arrive pas à refermer. Alors je vais le relire pour essayer de le dépasser mais il sera toujours là, au fond de mes pensées et mon cœur n’a pas fini d’en ressentir l’émotion.

Magnifique !

 

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