Dernière station avant l'autoroute d'Hugues Pagan

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Dernière station avant l'autoroute d'Hugues Pagan

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Rivages souffle ses 30 bougies. Pour célébrer l'événement dignement, l'éditeur rééedite chaque mois quelques livres emblématiques de son catalogue. En août, Dernière station avant l'autoroute d'Hugues Pagan a donc fait son retour sur les tables des librairies. Si vous n'avez jamais lu ce livre, cette nouvelle publication vous offre une séance de rattrapage. Si vous pensez que la littérature a vocation à vous bousculer, à vous réveiller plutôt qu'à vous endormir, ne passez pas à côté.

 

Le héros, officier de police judiciaire, est appelé à se rendre sur les lieux d'un suicide. Un drame banal a priori... sauf lorsque la victime est un membre influent du gouvernement embourbé dans diverses affaires de corruption. Là, ça commence à puer. Et tout ira donc de mal en pis d'autant que notre officier de police judiciaire désabusé, cabossé par la vie, est suspecté de s'être emparé d'informations embarassantes sur les lieux du drame. Pas de bol : il n'a rien à perdre.

 

Dernière station avant l'autoroute est un roman d'une noirceur implacable, une descente aux enfers, le genre de bouquin totalement désespéré qui t'attrape par les tripes et ne te lâche plus. Pourquoi s'imposer ça, vous demandez-vous peut-être ? S'il fallait ne donner qu'une raison ce serait celle-ci : la langue déployée est certes d'une grande noirceur, poisseuse et vénéneuse, mais elle est surtout belle à tomber par terre ! Jugez plutôt :

 

"C’est notre propre douleur, au fond, qui nous protège le mieux contre les pièges et les tentations de la vie, contre nos lâches ambitions de bonheur, nos tristes et déraisonnables envies de durer. Durer, d’ailleurs, c’est seulement la viande qui le veut, l’âme il y a bien longtemps déjà qu’elle a décroché, qu’elle a dévalé en pente douce, sur la pointe des pieds, le mince chemin de la vie, qu’elle s’est perdue de trop de souffrances et d’amertume, de trop de clairvoyance, surtout. De tristesse. Rien de plus triste qu’une âme égarée."

 

Alors, certes, on ne lit pas Dernière station avant l'autoroute sur la plage et ce roman n'est pas une pommade anesthésiante à destination de lecteurs désireux de se vider la tête. Et c'est précisément pour cela qu'on s'en souvient longtemps après.

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