Héloïse est chauve – Emilie de Turckeim

Héloïse est chauve – Emilie de Turckeim

Héloïse aime Lawrence depuis qu’elle est enfant. Peu lui importe que trois générations de femmes de sa famille aient couché avec lui. Elle est passionnément éprise, libérée, un brin fantasque. Tour à tour enfant téméraire, adolescente provocante, jeune mère pétillante, et photographe branchée, Héloïse demeure, jusqu’à se marier à une cinquantaine d’années, cette éternelle gamine foudroyée d’amour pour Lawrence. À travers cette histoire insensée, s’offre à nous un magnifique portrait de femme, tout à la fois fragile et indomptable. Un récit extravagant, surréaliste, où derrière l’écriture raffinée et l’incroyable drôlerie des situations se cachent érotisme et transgression. « Sur le ponton exténué, immobile, Héloïse, longue, après le déjeuner, un pied dans la Méditerranée, pierres précieuses à la crête des vaguelettes, miroitement calme et mortel, ongles carmin, lunettes noires, bouche rouge cerise, entrouverte, sirop de menthe lascive, gouttes d’eau le long du verre, langue passée sur les lèvres, nombril à la respiration lente, qui se hausse et s’affaisse, dans la chaleur vacante de juillet, petite culotte rouge, diminutif de maillot de bain, achetée ce matin au marché de Cargèse, parfum bouillant du maquis, cheveux blondis par les rayons droits et le sel marin, dispersés, angéliques, sur la serviette de bain, rectangle de neige dans la fournaise lente et silencieuse de l’heure de sieste, jambes adolescentes, duvet de poils d’or, transparents, bras remonté comme dans un bâillement, aisselle en sueur perlée, petits seins, à peine, gonflement sexuel aux pointes roses érigées vers le bleu du ciel, immaculé, presque, un seul nuage surplombant l’autre côté de la baie, coton de chantilly hors-jeu, crème solaire au monoï de Tahiti, hors-bord en acajou amarré au ponton, perfection du cou, épaules polies, deux galets dans l’eau vive du torrent, brise de romarin, ombres malfaisantes entres les cuisses d’Héloïse, nonchalantes, espacées par la folie et sa main glissée, pins parasols vert nuit, accablés de soleil, découpés dans le ciel de son treizième été. » Née en 1980, Émilie de Turckheim publie à vingt-quatre ans Les Amants terrestres. Son expérience de visiteur à la prison de Fresnes lui inspire en 2008 Les Pendus. Elle reçoit un an plus tard le prix de la Vocation pour Chute libre. Eho a publié Le Joli Mois de mai en 2010. Héloïse est chauve – Emilie de Turckeim – Editions Héloïse d’Ormesson – Parution le 2 février 2012

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Chef de produit Littérature chez Cultura
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