L'Apothicaire, de Henri Loevenbruck

L'Apothicaire, de Henri Loevenbruck

L'Apothicaire.jpg

 

J’apprécie les artistes et écrivains capables de sortir de leur zone de confort, de varier les styles et les genres. Je crois avoir trouvé cet éclectisme chez Henri Lœvenbruck. Surtout connu pour ses séries de type fantasy, historique ou thriller policier, Lœvenbruck a aussi écrit plusieurs romans indépendants. J’avais été éperonné par « Nous rêvions juste de liberté » et j’étais très curieux de découvrir « L’Apothicaire ». En premier lieu parce que le personnage principal de ce roman m’évoquait furieusement Guillaume de Barskerville, l’emblématique moine franciscain imaginé par Umberto Eco, qui s’inspira lui-même de Guillaume d’Ockham.

 

Andreas Saint-Loup, fameux apothicaire à Paris, partage en effet le même amour pour la rhétorique et la logique aristotélicienne que le moine enquêteur du « Nom de la Rose ». Il se pose en maître érudit face à son apprenti curieux mais naïf, et il devra mener l’enquête pour élucider un mystère autour d’un livre étrange. La comparaison s’arrête là, car Andreas n’a nulle appétence pour les questions de foi et de religion, et que son enquête le fera voyager sur le chemin de Compostelle et même bien au-delà. Tout commence pour notre apothicaire par la découverte d’une pièce vide dans sa maison, une pièce dont il a oublié l’existence et où semble avoir vécu une personne qui a elle-même disparu de toutes les mémoires…

 

« L’Apothicaire » est un roman populaire au style facétieux, à la plume accessible à tous, agréablement documenté et porté par un narrateur omniscient qui aime prendre le lecteur à témoin. L’auteur use du prolepse, de l’analepse et de l’ellipse, s’amuse avec les artifices narratifs comme le deus ex machina, mais la complicité qu’il instaure avec son lecteur pardonne toutes les pirouettes. Certains pourront regretter quelques lenteurs ou le fait que le narrateur nous laisse sur le seuil de portes entrouvertes. Il faut ainsi se préparer à l’inexplicable et admettre que « le sens même de cette histoire n’est peut-être pas celui que l’on croit ».

 

Un excellent divertissement qui m’incite à poursuivre ma découverte de cet auteur multicarte.

2 Réponses 2

Re: L'Apothicaire, de Henri Loevenbruck

@dvall en voyant que ton post, je me suis surprise à penser : "Alors, alors...qu'en a-t-il pensé ? "

 

Te lisant, je vois avec plaisir que tu as eu un bon moment de lecture.Smiley heureux

Re: L'Apothicaire, de Henri Loevenbruck

Effectivement, @MAPATOU, j'ai trouvé que ce roman était un très bon divertissement. Même si j’évoque « Le Nom de la Rose » dans ma chronique, ce sont tout de même deux romans très différents tant sur le fond que sur la forme. « L’Apothicaire » est beaucoup plus abordable et léger, plein de bons sentiments. D’ailleurs, les thèmes du voyage, de l’amitié et de la fidélité dans les relations aux autres sont des éléments très présents dans ce roman comme dans le précédent roman que j’ai lu de Henri Loevenbruck, « Nous rêvions juste de liberté ». Le prochain roman que je lirai de cet auteur sera probablement "J'irai tuer pour vous", certainement un style encore très différent...

Les dernières discussions
Tout afficher >

Les membres favoris du mois

Tout afficher >