L'Odyssée d'Hakim, de Fabien Toulmé

L'Odyssée d'Hakim, de Fabien Toulmé

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L’Odyssée d’Hakim est une bande-dessinée de Fabien Toulmé, composée de trois tomes intitulés « De la Syrie à la Turquie », « De la Turquie à la Grèce », et « De la Macédoine à la France ». Il s’agit du récit véridique et en images du périple d’Hakim, jeune Syrien qui avait tout pour être heureux dans son pays : une pépinière à lui, entreprise florissante, un appartement refait à neuf pour y construire sa vie d’homme, et surtout une famille soudée et aimante. Dans le premier tome, nous découvrons la manière dont sa vie en Syrie va être bouleversée sous la dictature de Bashar el-Assad, l’émergence de la guerre civile et la répression impitoyable qui va suivre. Nous entrevoyons la mécanique monstrueuse d’un état corrompu, violent, qui bâillonne, torture, et broie en toute impunité. Pour sa sécurité, Hakim prendra la décision de fuir la Syrie, ce qui marquera pour lui le début d’une errance de près de trois ans, pleine d’attentes, de peurs, de désillusions et de dangers. Sur le chemin, il rencontrera celle qui deviendra sa femme et ils auront ensemble un fils. Mais les coups du sort les sépareront et Hakim devra faire des choix difficiles, affronter maints périls avec son petit garçon avant de voir sa famille enfin réunie.

 

Pendant un an et demi, l’auteur-dessinateur s’est entretenu régulièrement avec Hakim afin que ce dernier lui livre, avec ses mots et son émotion, l’histoire de son odyssée humaine moderne, aussi palpitante que révoltante. Palpitante parce qu’on ne traverse pas une partie du Moyen-Orient et de l’Europe en tant que migrant sans se retrouver confronté à nombre d’injustices et de périls. Révoltante parce que cette histoire met en lumière, en narrant un destin parmi des centaines de milliers, la mécanique absurde, exploitatrice et effroyable dans laquelle ces humains qui fuient se retrouvent plongés. On y découvre la solidarité entre migrants et la valeur de l’entraide, mais aussi les appétits répugnants de ceux qui se nourrissent de la peur et de la misère humaine. La grande majorité de ces migrants qui cherchent à rejoindre l’Europe et à obtenir le statut de réfugiés le font parce qu’ils fuient l’oppression ou la guerre. La plupart ont quitté leur pays et leur famille à regret, abandonné l’essentiel de leurs possessions pour protéger leur vie et celle de leurs proches. En choisissant de décrire le parcours d’un homme en particulier parmi tant d’autres, Fabien Toulmé injecte une humanité admirable à ces drames anonymes décrits par les médias. Les dessins sont naïfs, les couleurs réduites presque essentiellement au bleu et sépia, mais l’émotion est vibrante. Un très beau témoignage qui incite à la réflexion et à un regard nouveau sur ceux qui fuient.

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