La dame en blanc de Wilkie Collins

La dame en blanc de Wilkie Collins

En 1860, La Dame en blanc, publié sous la forme de feuilletons dans l’hebdomadaire de Charles Dickens All The Year Round, connut un énorme succès public. Avec ce roman, Wilkie Collins (quel nom délicieux !) écrit un des premiers romans policiers, à l’époque on parlait de "roman à sensation".

Walter Hartright est professeur d’art. Un soir, sur une route menant à Londres, il secoure une dame toute de blanc vêtue. Elle est apeurée, visiblement terrifiée par une perspective qu’elle ne nomme pas. En bon gentleman, il lui vient naturellement en aide avant qu’elle ne lui fausse compagnie arrivée à la capitale. L’événement n’a pas de suite jusqu’au jour où, ayant trouvé un travail à Limmeridge, dans la campagne anglaise, notre professeur d’art rencontre son élève, Laura Fairlie, sosie de la mystérieuse dame en blanc. Dès les premiers échanges, Walter Hartright tombe éperdument amoureux.  Un amour sur lequel repose, néanmoins, un voile d’inquiétude car le professeur se souvient nettement d’une information alors anodine confiée par la dame en blanc dans les faubourgs de Londres :  elle connaissait la famille Fairlie et en particulier la mère de Laura… En menant son enquête, Walter Hartright va dérouler une bobine pleine d’intimidations et de menaces, de manipulations et de complots pernicieux, de crimes odieux et de vilénies infamantes.

On retrouve dans ce roman le plaisir éprouvé à la lecture du roman policier notamment celui de dévoilement de la vérité, inavouable et honteuse. Le livre, qui se présente comme une succession de témoignages, a d’ailleurs tout de l’enquête à charge. Il s’agit bien d’établir la culpabilité des comploteurs et de rétablir la vérité (et l’honneur perdu de Laura Fairlie)…

L’autre plaisir est naturellement le style, tellement 19ème ! C’est un régal, jugez plutôt :

Les jours, les mois passèrent. L’automne traçait des sillons d’or dans la verdure des feuillages, et ma vie s’écoulait comme dans un rêve. O temps de paix, temps bénis entre tous ! mon histoire semble glisser sur vous comme alors vous glissiez sur moi. De tous les trésors dont vous m’avez gratifié, que me reste-t-il qui vaille la peine qu’on en remplisse ces pages ? Rien d’autre que la plus triste des confessions qu’un homme puisse faire de son impardonnable folie.
Le secret de cette confession sera facile à dévoiler, car mes paroles m’ont déjà trahi. Les pauvres mots qui n’ont servi de rien pour décrire Miss Fairlie ont au moins trahi les sentiments qu’elle avait éveillés en moi. C’est ainsi. Nos mots sont des géants quand ils nous blessent, des nains quand ils doivent nous servir.
Je l’aimais.

Ajoutez à cela une ambiance qui flirte sans ambiguïté avec le roman gothique (welcome cimetières et veilles demeures !) et vous obtenez 800 pages indispensables pour les amateurs de littérature anglaise et plus largement pour les amateurs des grands classiques du 19ème ou encore les lecteurs de policiers fatigués des thrillers contemporains, qui voudraient retrouver le plaisir d’une intrigue aux rebondissements savamment orchestrés en s’épargnant les litres d’hémoglobine et les descriptions gore.

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Cela me donne bien envie de

Cela me donne bien envie de le lire =) et je dirai si j'ai aimé, ou pas =)
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