Le Bouclier de Minerve, de Ion Pillat

Le Bouclier de Minerve, de Ion Pillat

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Ion Pillat est un poète roumain méconnu, né en 1891 et décédé en 1945. Il a effectué une partie de ses études en France, à la Sorbonne. Ses traductions en roumain des poèmes de Saint-John Perse et de Charles Baudelaire ont reçu des éloges unanimes. Sa propre poésie lui a valu d’être nommé à l’Académie roumaine et de recevoir à titre posthume le prix national de littérature. Sous influence parnassienne et apparentée au symbolisme tardif, sa poésie s’inspire grandement de ses voyages en France, Espagne, Italie et Grèce.

 

Le présent recueil est une anthologie réunissant 60 poèmes de Ion Pillat, initialement publiés dans 16 recueils dont celui qui lui donne son titre, « Le Bouclier de Minerve » (Scutul Minervei, 1933). Cette anthologie nous est présentée ici en français sous la traduction élégante et érudite de Gabrielle Danoux et Muriel Beauchamp.

 

C’est d’abord dans la Grèce immortelle que ce recueil nous emmène, avec des poèmes narrant les héros et les dieux de la mythologie hellénistique, la mer Méditerranée et les terres ensoleillées où poussent amandiers, oliviers et vigne prodigieuse. Les hommes y côtoient les divinités et la nature y est décrite avec grande sensibilité. Bien que je ne lise pas le roumain et que je sois incapable d’évaluer la qualité de la traduction, je puis cependant apprécier la musicalité des vers traduits, reconnaître le travail que cela a requis.

 

Après la Grèce antique, c’est vers d’autres horizons et d’autres temps que nous voyageons : au mont Fuji avec « Hokusai », en Roumanie avec « Automne à Miorcani », dans la Venise éternelle ou bien la mythique Thulé septentrionale. On sent la fascination du poète pour la faune et la flore, pour l’amour et la sensualité aussi. Certains poèmes sont pleins de tristesse et d’espoir tels « Si je meurs » et « Stances sur un motif de Ronsard », d’autres empreints d’humour et de sagesse comme « La fourmi ». L’éclectisme de ces poèmes choisis se révèle aussi bien thématique que formel, allant des vers classiques mâtinés d’exotisme aux monostiches à la brièveté japonisante. Ils reflètent la diversité du talent de Ion Pillat.

 

Je remercie Gabrielle Danoux, la traductrice, d'avoir porté mon attention sur ce poète que je ne connaissais pas. Bravo pour ce travail de traduction qui a permis cette découverte.