Le Judas de Leonard - Leo Perutz

Le Judas de Leonard - Leo Perutz

Je ne connaissais pas Leo Perutz, sinon à travers "Le Cavalier Suédois" présenté par Francis Berthelot dans sa Bibliothèque de l’Entre-Mondes comme une "histoire picaresque où l’action et l’humour sont emprunts d’une subtil mélancolie" et où "se déploie une réflexion sur le juste et l’injuste, la vanité des apparences, la souveraine valeur du terroir, les révélations et les pièges du monde spirituel". Je ne connaissais pas non plus les éditions Libretto, sinon de nom et parce qu’elles ont publié "Moby Dick" de Melville dans sa traduction la plus alléchante. Après ce "Judas de Léonard", je me suis promis de lire plus de Perutz et plus de Libretto (à commencer par ce "Moby Dick" qui me fait de l’œil depuis tant d’années).



Sous quels traits représenter Judas ? Voilà la question qui taraude Léonard de Vinci au début de ce roman. Et le peintre d’écumer les bas-fonds de la société milanaise à la recherche d’un modèle… Mais la chose n’est pas si facile car, pour Léonard de Vinci, Judas n’est pas un vulgaire galopin mais celui qui, par orgueil, a trahi l’amour qu’il éprouvait, celui, en somme, qui a refusé de trop aimer. C’est ainsi que s’ouvre ce roman savamment construit. Dès le second chapitre, Léonard de Vinci disparait au profit de Joachim Benhaim, un marchant imbu de lui-même dont nous allons suivre les péripéties à Milan, notamment le recouvrement d’une dette auprès d’un usurier malhonnête, Bernardo Boccetta, et parallèlement sa rencontre amoureuse avec Niccola, une jeune milanaise dont il tombe éperdument amoureux.

 

"Le Judas de Leonard" peut se lire rapidement d’autant que le livre n’est pas épais mais ce serait un erreur et le meilleur moyen de passer au travers de la musicalité du texte et de son orchestration minutieuse – qu’on pense, par exemple, aux trois passages qui concernent la bourse de Joachim Benhaim. Ce roman "historique" (nous sommes en pleine renaissance italienne) s’apparente en vérité au conte universel, en ce qu’il illustre une idée (celle énoncée par Leonard de Vinci au premier chapitre sur l’orgueil comme origine du Mal) et propose une morale. Ce livre comblera les lecteurs curieux qui aiment découvrir des formes de narration différentes, éloignées des traditions françaises en la matière, des œuvres plus singulières et par là étonnantes.

 

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