Les petites filles de Julie Ewa

Les petites filles de Julie Ewa

Je connais que peu la culture Chinoise et c'est pourquoi ce roman m'a de suite attiré à travers sa thématique sur le sort des jeunes filles en particulier dans les petits villages. Je ne savais pas vraiment à quoi m'attendre mais ce que j'y ai découvert m'a profondément marqué.

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Dans un petit village en Chine dans les années 90, une petite fille et sa mère disparaissent ... Ce n'est qu'en 2013 que Lina, partie faire ses études là bas, va tenter de percer le mystère qui entoure cette famille.

 

Ce n'est pas un coup de cœur que j'ai eu pour ce roman mais bien un coup de poing. Le lecteur n'est pas épargné durant sa lecture et découvre avec effroi le sort réservé aux petites filles au pays de l'enfant unique.

Au delà de l'aspect très bien documenté, c'est un thriller extrêmement bien mené et haletant que nous offre Julie Ewa.

 

Si vous souhaitez découvrir ce livre, rendez-vous sur notre site internet.

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1 Réponse 1

Re: Les petites filles de Julie Ewa

Voici ma chronique sur ce roman tout juste achevé : 

 

Que deviennent les petites filles dont les familles chinoises, frappées par la politique de l’enfant unique, ne veulent pas ? Voilà le sujet passionnant de ce polar dont les ramifications dépassent, de loin, une simple histoire de disparitions.

Julie EWA, tisse avec talent, le fil de deux récits qui se déroulent à 22 ans d’écart, mêlant l’avant et l’après de la disparition d’une petite fille de 6 ans Chi-Ni qui vivait, en 1991, dans le village rural de Mou Di.

Sa mère Sun Tang, enceinte de 8 mois, part à sa recherche dans les rues de la ville de Wuming, où sévit une impitoyable mafia chinoise, versant dans quantité de trafics et qu’elle soupçonne d’avoir enlevé sa fillette.

En 2013, suite à  un appel anonyme à l’ONG Cœurs d’enfants, la strasbourgeoise Lina Soli, étudiante de 23 ans, part s’installer dans le village de Mou Di pour mener, en secret, une enquête sur une suspicion de trafic de ces petites filles chinoises non désirées.

On retrouve les mêmes personnages aux deux époques et, sous couvert de traditions et de croyances, les lourds secrets qu’ils portent, scellent une chape de silence sur une communauté soumise à la toute puissance d’un pouvoir autoritaire.

Ce roman est autant un témoignage sur la situation de la Chine à l’époque, aujourd’hui révolue, de l’enfant unique, qu’un polar totalement addictif que l’on dévore avec passion.

La vie quotidienne des campagnes chinoises est dépeinte avec beaucoup de détails et le travail de documentation de l’auteure est tellement abouti, que l’on s’immerge totalement au cœur de ce village des collines du Guangxi.

Avec ce polar historique, Julie EWA signe ici un second roman magistral. En plus d’un très bon polar, Les petites filles est un témoignage stupéfiant sur le commerce très lucratif des enfants dans la Chine communiste, dont les finalités dépassent souvent l’entendement.

La tension monte crescendo et plus on se rapproche de l’effrayante vérité, moins on arrive à se détacher du livre. Les chapitres sont courts et les deux périodes s’alternent avec une limpidité dont on ne se lasse pas.

C’est noir, très noir, et l’on aurait aimé qu’une petite touche d’optimisme vienne remonter notre moral de lecteurs mis à rude épreuve. Mais, en tant que témoignage au Monde sur des sujets encore tabous, ce roman me paraît d’une incontournable nécessité.

A nous d’affronter maintenant cette terrible réalité passée qui restera gravée longtemps dans la mémoire de ce grand pays.