Noyade de J.P Smith

Noyade de J.P Smith

 

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Joey 8 ans est en camp d'été au milieu des bois. Joey a peur de l’eau, mais Alex Manson le moniteur de natation s'est fixé comme objectif d'apprendre à nager à tous les enfants du camp d'ici la fin du séjour. La veille du dernier jours il abandonne Joey sur une embarcation  au milieu du lac pour qu'il rentre à la nage. Joey ne revint jamais.

 

20 ans plus tard Alex Manson est devenu promoteur immobilier, son entreprise immobilière florissante qui achète des biens délabrés pour les transformer en hôtels boutiques de luxe, il a une immense maison, sa femme est très belle.

Tout va bien pour cet homme qui considère tout sous l'angle d'un trophée à exhiber, jusqu'au jour où sa piscine vire à la couleur rouge et où les signes lui laissant penser que Joey est toujours vivant se multiplient. 

 

Noyade est le premier roman traduit de l'auteur, on tombe sur un maître nageur qui pensait que la meilleure méthode pour apprendre à nager à un enfant, c'est de le balancer à l'eau là où il n'a pas pied et de le regarder se débattre comme un petit chien.

JP Smith manie l'art d'écrire des chapitres courts finissant par des phrases qui sont des appels à enchaîner sur les pages suivantes sans sacrifier le style et il instille un suspense qui va crescendo. L'histoire manque à quelques reprises de la profondeur. Alex Mason son personnage principal est si peu sympathique que savoir s'il va s'en sortir nous importe au final assez  peu.

Un  roman qui nous parle de culpabilité, de persécution, du pouvoir de la suggestion. 

 

Extraits :

Joey espèra qu'ils  n'allaient pas recommencer à se chamailler- pas ici, pas maintenant. Quand il avait demandé à sa mère pourquoi son père se mettait si souvent en colère, elle s'était contentée de lui répondre qu'il traversait une période difficile, que, à cause de la situation économique l'argent commençait à manquer.

 

Joey n'était pas prêt, et savait qu'il ne le serait jamais. Ses petits camarades plongèrent, puis Alex se tourna vers lui.

Le regard éperdu, comme un personnage de film qui supplie qu'on lui laisse la vie sauve, les mains jointes, s'il te plaît, s'il te plaît, s'il te plaît, Joey expliqua au moniteur qu'il ne savait pas nager, qu'il avait peur de l'eau, parce que c'était vrai et qu'il s'imaginait qu'en disant la vérité, on le comprendrait. Les larmes lui vinrent tandis que son visage se chiffonnait. À tout juste huit ans et demi, il n'avait jamais dû faire face à pareille menace de toute sa vie. Alex parut puiser de l'énergie dans ce visage d'enfant terrifié. Au lieu d'éveiller chez l'adulte de l'empathie, cette expression attisa en lui une pulsion farouche et fatidique.

 

Alex voulait nager pour s'en éloigner, mais quelque chose l'en empêchait, le rendait incapable de quitter ces profondeurs, de remonter à la surface, et ce fut lorsque l'enfant saisit Alex à la gorge sans plus vouloir le lâcher qu'il se réveilla, pris de sueurs froides.
Il se redressa, le souffle court. Ce n'était qu'un rêve, se dit-il. Il lança un coup d'œil vers l'horloge du tableau de bord, vit qu'il ne s'était assoupi qu'une ou deux minutes. Il coupa le moteur et s'efforça de se ressaisir. Voir ce prénom peint sur le mur avait ravivé des souvenirs qu'il s'efforçait d'oublier depuis si longtemps : Joey, le radeau, et cinq heures plus tard, rien. Comment ce gamin l'avait déçu en refusant de dominer sa peur.

 

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