Rentrée littéraire 2014 : « L’homme qui avait soif » (Hubert Mingarelli)

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Rentrée littéraire 2014 : « L’homme qui avait soif » (Hubert Mingarelli)

Dans ce roman, Hubert Mingarelli nous raconte avec beaucoup d’humanité un morceau de vie de son héros Hisao, un soldat japonais en 1946, pendant l’occupation américaine.

 

Démobilisé depuis peu, Hisao doit rejoindre la femme qu’il aime, qu’il ne connaît pas encore mais avec qui il a beaucoup correspondu. Dans sa valise, il a un précieux cadeau pour elle. Mais, une fois à bord du train qui doit le conduire vers elle, il descend pour boire et ne peut plus s’arrêter avant d’avoir complètement étanché sa soif, même alors qu’il voit le train repartir avec sa valise et l’oeuf de jade qu’il a prévu de lui offrir.



« Hisao Kikuchi s’était couché sur le côté et ouvrait la bouche sous la pierre d’où l’eau gouttait. Sans doute un reste de rosée que la mousse avait gardée. Une goutte, deux gouttes, il pouvait les compter. Il en tombait si peu que c’était une douleur dans sa bouche. Il avait envie de manger la pierre, comme si l’eau avait été à l’intérieur. »


Il entreprend de rejoindre à pied la ville du terminus du train, espérant retrouver sa valise aux objets trouvés. Cette quête, durant laquelle il fera de bonnes rencontres et de moins bonnes, est l’occasion pour nous, à travers les pensées d’Hisao, d’en savoir plus sur notre étrange héros, « L’homme qui avait soif ». Car depuis qu’il a quitté la montagne où était son armée, il souffre belle et bien d’une soif obsédante et de rêves qui le hantent. Les péripéties du voyage sont alors autant d’occasions de nous révéler, au gré de ses peurs et souvenirs, comment Hisao a combattu dans les montagnes de Peleliu nuit et jour : Loin du combat classique que l’on imagine, il creusait des galeries pour se protéger de l'aviation américaine, ne sachant plus si c’était le jour ou la nuit, supportant l’incertitude, le travail physique, la peur, l'obscurité… Et surtout, la soif.



L’auteur met ainsi en parallèle le périple actuel d’Hisao, les traumatismes qu’il révèle, et ce qu’il a vécu qui les a causés. Il intercale tout ce vécu et ces sensations de manière passionnante et vivante par le biais de très courts chapitres, qui rendent la lecture aisée et fluide. Ce roman est un doux mélange de « La fabrique du monde » de Sophie Van Der Linden pour la poésie qui se dégage du texte, et de « Voir du pays » de Delphine Coulin pour le thème de la guerre et de ses traumatismes.


Hubert Mingarelli aborde également les thèmes de l'amitié entre hommes, de la vulnérabilité et du besoin de réconfort. Hisao retrouvera-t-il sa valise et arrivera-t-il jusqu'à Shigeko ? C’est ce que je vous encourage à découvrir en lisant cette merveille de douceur et de justesse, preuve que tous les sujets, même les plus graves, peuvent être abordés avec pudeur et poésie.

Sortie le 3 janvier 2014.

 La Bibli d'Onee



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