Suite française, d'Irène Nemirovsky

Suite française, d'Irène Nemirovsky

Suite française.gif

 

Bonjour,

 

J'ai fini hier soir la lecture de "Suite française", d'Irène Nemirovsky. 

Juin 1940 : c'est l'exode. Les Allemands arrivent dans Paris qui se vide de sa population dans une pagaille monstre. Se retrouvent ainsi sur les routes toutes les couches de la société : des employés de banque, des artistes, des familles nombreuses, des nantis, des ouvriers, des blessés, des militaires perdus. Chacun joue des coudes pour avancer plus vite, pour avoir le dernier ticket de train, la dernier morceau de pain. Car sur ce trajet vers une hypothétique sécurité, pas de quartier : la nature humaine, dans sa forme la plus brute, remonte à la surface, et ce sera à la vie, à la mort.

Une année passe. Dans le village de Bussy, au centre de la France, les Allemands prennent possession des habitations. Une colocation forcée s'installe. La tension est palpable, mais on finit par s'habituer. Que faut-il vraiment faire : tout donner, aussi bien le matériel que le sentimental, ou bien résister, afficher sa désapprobation jusqu'au geste de trop?

 

Ce roman a été une véritable découverte pour moi, et un sacré coup à l'estomac. On est presque dans le reportage en direct. L'auteur nous fait vivre l'exode et l'occupation à l'instant T. On est dedans, ce qui rend les sensations plus fortes. Nous connaissons la fin de la guerre, ses résultats, ses conséquences. Mais à l'époque de l'écriture du livre (1941 / 1942), Irène Nemirovsky ne la connait pas. Ses analyses de caractères et ses questionnements sur le "bon comportement" à avoir sont d'autant plus prémonitoires. Elle a bien vu que la population serait divisée entre collabos, résistants et passifs.

 

Tout en retraçant cette époque sombre de notre Histoire, l'auteur dépeint des personnages attachants ou abjects, des situations rocambolesques ou tragiques, des comportements grotesques ou héroïques. C'est dans l'hyperréalisme qu'elle nous subjugue et nous entraine dans le tourbillon des sentiments et des actes. Car nous avons là les faits, juste les faits, sans interprétation ou jugement. J'en suis encore toute retournée et les questions se bousculent dans ma tête : qu'aurai-je fait, moi, à cette période, face à cette invasion? Aurai-je été moins égoïste que les autres ou aurai-je juste cherché à sauver ma peau?

 

Je conseille vivement la lecture de cette "Suite française" pour apprendre de notre Histoire, pour réfléchir, pour comprendre.

 

Suite française - IRENE NEMIROVSKY - Les Prix Littéraires - Roman - Littérature - Livre (cultura.com...

1 Réponse 1

Re: Suite française, d'Irène Nemirovsky

@soff78 C'est un excellent témoignage de cette époque. Tes interrogations sont très justes. C'est tout le questionnement de la chanson de J.J. Goldman "Né en 17 à Leidenstadt".