Tu n'as pas tellement changé

Tu n'as pas tellement changé

« Mon frère Philippe est mort le 17 juillet 1995, un peu avant midi, dans une chambre de l’hôpital de Villejuif. Il aurait eu trente-quatre ans une semaine plus tard. C’est le seul frère que j’ai connu, le seul que j’aurai jamais. L’image de Philippe allant vers sa fin n’existe en moi que par la brûlure qu’il a entretenue pendant des années, et qui dure encore. Pour parler de lui, pour aller vers lui, je suis contraint de revenir aux zones qu’il a éclairées et calcinées. Si grand soit l’amour, si fort le passé partagé, mon frère, à partir d’un certain moment, ne m’a plus été sensible que par la blessure. C’est à cette aune que je mesure combien je l’ai connu, combien je l’ai méconnu. On peut retracer de l’extérieur la vie d’un autre ; mais le deuil ne renvoie qu’à soi, oblige à retrouver en soi le souvenir de ce qui fut. »

Le texte est douloureux et suit l’avancée de la maladie, de l’annonce du pronostic jusqu’à l’annonce de la mort. Philippe apprend qu’il est malade en 1987. Durant 8 ans, Philippe et donc Marc, vont vivre avec cette épée de Damoclès au-dessus de leur tête, avec cette fin programmée. L’angoisse de Philippe rejaillit sur Marc, comment vivre alors et ne pas se sentir coupable ?

Marc Lambron retrace les périodes d’abattement, mais aussi les moments de reprise quand la maladie n’est pas encore visible, pas encore handicapante. Au fil des pages, il fait revivre ce frère esthète, un peu dandy, intelligent qui a brûlé sa vie en sorties, en voyages pour fuir une issue fatale.

Le temps de l’écriture suivant de peu la mort de Philippe, il y a quelque chose d’instantanée dans l’écriture, à la fois un retour sur soi et une immédiateté de l’émotion qui entraine un texte parfois un peu répétitif, trop peut-être encore dans l’émotion brute de la perte.

J’ai aimé ce regard sur la fratrie, sur les liens entre frères et comment ils évoluent entre l’enfance et l’âge adulte ; j’ai aimé aussi la redécouverte de ce lien que provoque la maladie ; les responsabilités de l’aîné face à son cadet, sa culpabilité, son impuissance.



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Coucou George,

Coucou George, (apparemment on ne peut pas commenter sans mettre de note, mais je ne peux pas noter le livre puisque je ne l'ai pas lu alors je ne sais pas ce que je note mais bon bref^^) Ton résumé m'attire et en même temps j'ai peur que ce soit trop triste pour moi du fait du thème : C'est pesant non (tu dis "douloureux") ? Je ne voudrais pas en sortir plus déprimée que je ne l'ai commencé... :-)

Je ne maîtrise pas trop le

Je ne maîtrise pas trop le site encore aussi, je pense que la note concerne la chronique. Bon, je ne vais pas te mentir ce n'est pas très gai mais ce n'est pas pesant et il y a de belles réflexions sur la lien fraternel. C'est douloureux par le sujet, mais ce n'est pas larmoyant.
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