" Comme un musulman en France" d'Ismaël Saidi

" Comme un musulman en France" d'Ismaël Saidi

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A découvrir sur Cultura.com

 

Je remercie les Editions Autrement pour leur envoi.

 

J’ai découvert Ismaël Saidi lors de son passage dans l’émission « 28 mn » sur Arte en Janvier dernier pour la sortie de ce livre. Cette interview m’a donné envie de le lire.

 

Né à Bruxelles de parents marocains, il a grandi près du quartier de Molenbeek. Réalisateur, dramaturge et scénariste, sa pièce Djihad, écrite en Novembre 2014, relate l’histoire tragi-comique de trois Bruxellois qui partent en Syrie pour faire le djihad.

 

Après les attentats de 2015, Ismaël Saidi, attaché à un islam tolérant et éclairé, a décidé d’organiser après chaque représentation un échange avec les spectateurs présents dans la salle.

 

Cette pièce, reconnue d’utilité publique par le ministère de l’Education Nationale, est jouée partout en France dans des collèges, lycées, prisons, salles des fêtes.

 

Dans « Comme un musulman en France », Ismaël Saidi raconte ces rencontres et échanges en 12 chapitres aux titres évocateurs ( Coming out, Cochon qui s’en dédit, 13onze15, La crise d’angoisse d’un musulman d’ici, On a tous quelque chose en nous de Jésus-Christ, etc…).

 

Son récit est d’une grande intelligence, finesse et empathie pour les spectateurs rencontrés. Il témoigne aussi de son courage face à une salle de détenus dont beaucoup sont là pour radicalisation.

 

Ismaël Saidi analyse la situation avec une grande pertinence mais il n’oublie pas de distiller au fil des pages de l’humour. Ce qui rend cet ouvrage instructif et plaisant à lire.

 

 » J’ai quitté la salle, perturbé. Je ne connais que trop cette fatalité que le « quartier » essaie d’installer. Celle qui contribue à créer le fossé et qui engendre la haine. Ce sentiment que l’on vous injecte par intraveineuse, très tôt, qui vous fait croire que le monde vous méprise et que le système « vous met des bâtons dans les roues » pour vous détruire. »

 

 » Nos communautés étaient nos prisons, et tout ça pour une histoire de cochon. Tant que vous êtes dans ce ghetto, vous ne vous rendez pas compte du mal que vous faites lorsque vous dites : « Ceux qui mangent du porc vont en enfer. » Mais, si je parle ainsi à mon enfant pour qu’il n’en mange pas, comment va-t-il pouvoir jouer avec un camarade de classe qui en mange ? Qu’est-ce qu’il se dira lorsqu’il le verra dévorer son jambon-beurre ? « Mon meilleur ami va aller en enfer mais ça n’est pas grave, je vais jouer avec lui en attendant  » ? En faisant cela, je crée le fossé, je crée un autre et je le déshumanise. »

 

«  J’en avais assez. Assez de cette posture victimaire qui nous pousse à toujours demander plus sans prendre le temps de remettre notre propre comportement en question. Ma claque de cette manière de déshumaniser toute personne qui ne fait pas les choses comme nous. »

 

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