"L'embaumeur" d'Isabelle Duquesnoy

"L'embaumeur" d'Isabelle Duquesnoy

Gros coup de coeur !


Paris, quelques années après la Révolution.


Victor Renard comparaît devant un Tribunal pour des faits qui doivent être terribles mais dont on ne nous dit rien jusqu'à la fin.
Pendant 11 jours d'audition, l'accusé nous raconte son histoire. Son enfance malheureuse, rejeté par ses parents car son cordon ombilical était entouré autour du cou de son frère jumeau, provoquant la mort de celui-ci au moment de l'accouchement. Sa disgrâce physique car souffrant d'un torticolis congénital.


Mais Victor supporte tout sans jamais se plaindre. Certes, il n'a pas de réelle ambition ni d'espoir d'améliorer son sort mais quand sa mère le fait embaucher adolescent par un embaumeur, sa vie va changer du tout au tout.


Monsieur Joulia va le prendre sous son aile et lui apprendre les ficelles du métier : comment nettoyer un corps, prélever le coeur pour l'embaumer etc… Victor Renard deviendra un homme riche grâce à son savoir-faire jusqu'au terrible faux pas.


J'ai adoré ce roman car il traite de cette époque de manière érudite mais écrit d'une façon simple. Isabelle Duquesnoy, qui a mis 10 ans pour l'écrire, nous fait découvrir ce monde qui m'était totalement étranger. J'ignorais qu'il était alors de bon ton de faire embaumer ses défunts et qu'il existait un trafic de coeur momifié, notamment ceux des rois de France dont certains peintres se sont servis pour obtenir une teinte particulière sur leurs toiles.


Enfin, j'ai retrouvé dans ce formidable roman, l'ambiance, les odeurs du roman « le parfum » de Patrick Süskind et je verrais bien une adaptation au cinéma.

 

Isabelle Duquesnoy a publié le 7 Janvier dernier la suite de cette histoire : "La Pâqueline ou les mémoires d'une mère monstrueuse". Hâte de le lire.

 

L'embaumeur par Duquesnoy                                                   La Pâqueline ou les mémoires d'une mère monstrueuse par Duquesnoy

1 Réponse 1

Re: "L'embaumeur" d'Isabelle Duquesnoy

Merci @MAPATOU pour cette chronique alléchante (en référence au renard de La Fontaine...). Rien qu'en lisant ce titre de roman avec son sous-titre évocateur, mais surtout le début de votre critique avec ce nom de Victor Renard, m'est venue l'image de Jean-Baptiste Grenouille ; alors votre référence au Parfum de Süskind ne m'a pas surpris. Un roman qui ne dissimule pas ses promesses et que je lirai certainement...