"La bibliothécaire d'Auschwitz" d'Antonio G. Iturbe

"La bibliothécaire d'Auschwitz" d'Antonio G. Iturbe

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Peut-être aurez-vous la même réaction que moi en lisant le titre : une bibliothécaire dans un camp de concentration ?

 

Oui, il y en a bien eu une mais clandestine : Dita, jeune adolescente de 14 ans.

 

Les nazis avaient installé, à 3 km du camp de concentration principal, un camp familial BIIb dans lequel vivaient des familles juives. Les parents travaillaient, les enfants fréquentaient une sorte d’école, dirigée par un éducateur juif, Fredy Hirsh.

 

 

Ce camp devait servir de vitrine dans l’hypothèse où des représentants de la Croix Rouge viendraient à Auschwitz. Les nazis pourraient ainsi faire croire que les Juifs étaient bien traités alors que l’extermination battait son plein.

 

L

 

es livres sont formellement interdits dans le camp, mais Fredy Hirsh a réussi à en faire entrer clandestinement. C’est Dita qui est en charge de les sortir, de les prêter aux professeurs, et de les cacher tous les soirs. Et ce, au péril de sa vie.

 

En effet, toute personne surprise en possession d’un livre était aussitôt condamnée à mort :

 


 » Ces engins, tellement dangereux que leur possession justifie la peine maximale, ne tirent pas de projectile et ne sont pas non plus des objets pointus coupants ou contondants (…) Mais les nazis les traquent, les chassent et les bannissent d’une façon qui tourne à l’obsession. Au cours de l’Histoire, tous les dictateurs, tyrans et répresseurs, qu’ils soient aryens, noirs, orientaux, arabes, slaves ou de n’importe quelle couleur de peau, qu’ils défendent la révolution du peuple, les privilèges des classes patriciennes, le mandat de Dieu ou la discipline sommaire des militaires, quelle que soit leur idéologie, tous ont eu un point commun : ils ont toujours traqué les livres avec acharnement. Les livres sont très dangereux, ils font réfléchir. »

 

Dita voue un profond amour aux livres et va prendre grand soin de ceux qui lui sont confiés :

 

 » Ce n’était pas une grande bibliothèque. En réalité, elle était constituée de 8 livres, et certains en mauvais état. Mais c’étaient des livres. Dans cet endroit obscur où l’humanité avait atteint sa propre noirceur, la présence de livres était un vestige d’époques moins lugubres, plus douces, où les mots avaient plus de force que les mitraillettes. Un temps révolu. »

 

Il y a aussi deux ou trois professeurs qui sont classés comme livres vivants car ils sont capables de raconter un roman en entier, notamment « Le merveilleux voyage de Nils Holgersson » de Selma Lagerloff.

 

S’il y a des passages terribles dans ce roman, la lecture n’en est ni effrayante ni démoralisante.

 

Au contraire, l’auteur nous fait découvrir le courage de belles et grandes âmes qui avaient à coeur d’instruire et de distraire les enfants, de vivre comme des êtres humains jusqu’au bout.

 

Tous les personnages ont réellement existé. Dita Kraus est maintenant âgée de 91 ans et vit en Israël. 

 

Pour terminer cette chronique, j’ajouterai que ce roman n’a fait que renforcer ma conviction : les livres sont absolument essentiels!!

 

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