Ce qui gronde de Marie Petitcuénot - 4 coeurs

Ce qui gronde de Marie Petitcuénot - 4 coeurs

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PREMIER ROMAN

 

Roman constitué de lettres de la narratrice à ses 3 enfants  " Je vous écris au-delà des mots que l'on pourrait se dire en face, au-delà des phrases que je n'ose pas prononcer. Je vous écris aux uns et aux autres des lettres que je glisse dans mon placard avec vos noms griffonnés sur une enveloppe. Des lettres au goût presque posthume. Dépêche- toi de leur dire."
Elle leur écrit ce qu'elle n'a pas le temps de leur dire dans leur quotidien qui la dévore

 

L'auteure a un don d'observatrice pour relater avec une grande justesse les tracas quotidiens des jeunes parents, les nuits sans sommeil, les contacts avec  la psychologue scolaire, le personnel de crèche 

Sont très bien développés les sentiments d'une jeune mère, sa culpabilité permanente, la sensation du temps qui file, la certitude de ne pas être faite pour cette vie là, sans cesse rattrapée par "le monstre domestique", la frustration de ne pas pouvoir lire plus que quelques minutes consécutives, l'injonction de la société à profiter de chaque instant de la vie de ses enfants. C'est une femme active et invincible qui prend sa vie à bras-le-corps mais c'est aussi une femme qui ne s'accorde aucun répit et qui a perdu sa spontanéité " un hamster qui subit le mouvement de la roue."

 

Un premier roman très réussi, bien rythmé, une plume alerte non dénuée d'humour 

Cultura Champagne
4 Réponses 4

Ce qui gronde de Marie Petitcuenot

Ce qui gronde

 

 Marie Petitcuenot

 

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  • Éditeur ‏ : ‎ FLAMMARION (25 août 2021)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Broché ‏ : ‎ 192 pages
 
 Le propos est criant de vérité, fait d’évocations d’un quotidien tellement authentique, dans ce qui fait le décor des dernières décennies. Et qui dit l’angoisse et l’exaspération derrière le « bonheur » de la maternité. 

Car avec la naissance des chères têtes blondes , on en prend pour toute une vie. Une vie d’angoisse de ce qui pourrait arriver, une vie de fatigue pour tant de nuits écourtées, une vie de cris, de bagarres, de doudous égarés, de repas insatisfaits, de revendications permanentes, une vie bruyante, trépidante, qui fait parfois de l’activité professionnelle  un refuge…

 

Les mots iront droit au coeur des mères et remueront en réminiscence celui des grands-mères, en souvenir d’un passé qui semble si proche. 

 

Et en filigrane, la femme, qui subit ce temps qui défile, gestion d’une couvée si vivante, tandis que les années accomplissent leur oeuvre de sape.

 

On est bien loin des manuels de savoir faire de Laurence Pernoud, mais malgré ce portrait sans concession, le propos n’est pas sombre. Il induit plutôt une déculpabilisation et un reconnaissance des difficultés de ce piège universel.

 

  Un texte puissant sur la difficulté d’être mère.

 

 Citations

 

 

Le bruit des pas derrière moi qui se précipitent pour composer le Digicode. Les premiers arrivés, les cris, les déçus, les glissades, les traces de semelles de l’un sur le pantalon de l’autre. Tout est normal. Je pose la main sur la grille glacée de l’entrée. Je vous attends. J’attends que vous retrouviez votre calme, que vous rentriez dans l’ordre. Je ne pense plus à rien. Je sens votre présence. Au bip, je pousse la grille. Vous essayez de passer tous les trois en même temps par l’entrebâillement de la porte. Elle n’est toujours pas assez large. Chaque matin vous le répète. Vous faites votre géométrie collective à coups de pied, de bousculades et de capuches retenues en arrière. Ça finit par se régler comme une mêlée de rugby. Avantage aux plus lourds. Tout me va. Notre dimanche soir est déjà bien avancé.

 

*

 

Je ne sais pas quoi faire du quotidien, de l’idée du quotidien. Je suis ambiguë, indécise. D’un côté, je n’ai jamais compris ceux qui insultent la routine. Une femme que j’ai croisée récemment, une dirigeante d’entreprise, me l’a répété à plusieurs reprises en quelques minutes, comme une confession et un talisman. Je déteste la routine, surtout pas de routine, c’est le secret. Je me demande comment on assure l’intendance en évitant la routine. On tire au sort la personne qui lance les machines, on joue les corvées aux dés, on ne dort jamais dans la même chambre, on invite toujours des personnes différentes à dîner ? 

 

*

 

Il me reste neuf minutes et l’épisode de ma série s’est terminé. Je continue sur mon vélo elliptique. C’est long, neuf minutes. Alors je reprends la tablette en quête d’un stimulus numérique. Tout pour échapper à la fin de l’interview de Jean-Jacques Bourdin. Il y a des matins Jean-Jacques Bourdin. Mais pas ce matin. On ne sait pas à quoi ça tient. Cette tablette, ce n’est pas la mienne. La mienne n’avait plus de batterie ce matin. Alors pour pouvoir regarder mes séries, c’est la tienne que j’ai attrapée, ma fille, sans te demander l’autorisation. Elle était là, tu étais déjà à l’école. Alors pour tuer le temps, je me suis mise à naviguer dessus. 

 

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Marie Petitcuénot, après des études de sciences politiques, a travaillé dans le conseil et la communication d’influence. Elle est par ailleurs la créatrice du podcast Michelle, qui raconte des histoires de femmes libres. Ce qui gronde est son premier roman (Source : éditeur) 

 

 

Re: Ce qui gronde

Bonjour @Kittiwake ,

 

Je remets ici mon post écrit via le comité de lecture pour le prix Talents Cultura 2021.

Pas vraiment emballée...

 

"Je n'ai pas du tout aimé ce livre (qui d'ailleurs pour moi, n'est pas un roman). 

J'ai eu l'impression de lire ma vie quotidienne, avec des questions (que je ne me pose pas) et du stress en plus (que je n'ai pas). Je n'ai donc rien appris, je n'ai pas pris plaisir à le lire, je ne me suis pas évadée.

Pour moi, l'auteur a surfé sur les mouvements féministes très d'actualité et s'est fait plaisir à elle sans vraiment penser aux lecteurs."

Re: Ce qui gronde

@Kittiwake @soff78 c'est intéressant de lire vos deux avis si contrastés.

 

Je ne l'ai pas lu mais dans ce que vous dites, je pense qu'elle décrit la réalité de nombreuses jeunes femmes d'aujourd'hui qui ne savent pas vraiment être mères, qui peut-être n'ont pas reçu les codes de leur propre mère, et ont des difficultés à accepter le challenge qu'est le fait d'avoir un enfant et de l'élever.

 

C'est ce que je constate très souvent à la PMI où j'interviens. Parfois, j'ai envie de dire à certaines mères qu'elles doivent réaliser qu'elles en ont pris pour perpète car même quand nos enfants sont devenus adultes, ils ont encore parfois besoin de nous. 

 

Mais bon, je me mords la langue.... Je ne veux pas les démoraliser complètement Smiley MDRSmiley MDR

 

Re: Ce qui gronde de Marie Petitcuenot

Bonjour @Kittiwake 

Merci beaucoup pour votre coup de cœur.  Il existe déjà un avis sur le même livre dans la communauté. Je me permets de déplacer le vôtre à la suite de celui qui a été réalisé, pour que nos membres puissent avoir une vue d'ensemble des avis postés sur ce livre Smiley heureux

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